<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/"><link>http://blog.apax.gayattitude.com/</link><title>Apax</title><description>Apax</description><language>fr</language><webMaster>webmaster@gayattitude.com</webMaster><lastBuildDate>Tue, 23 Feb 2010 12:07:46 +0100</lastBuildDate><pubDate>Tue, 23 Feb 2010 12:07:46 +0100</pubDate><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20100222181006/-tout-est-rentre-dans-l-ordre/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20100211175912/-quel-message-lu-et-peut-etre-relu-bien-des-fois/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20100204193747/-o-culo-di-angelo/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20100130161524/-il-neige/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20100128182206/-hier-matin/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20100125191742/-ce-matin-vers-8-h-30/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20100121193949/-soudain-entendre-et-le-temps-qu-il-fait/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091223183544/-fenetre-succulentes/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091221200128/-l-il-critique-un-brin-ironique-du-peintre-fishcl-encore/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091219181256/-16-h-15-chambre/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091216185949/-eric-fischl-scenes-from-late-paradise-the-parade-2006/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091210182600/-fischl-reponse-a-marguerite-deraille/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091209194541/-regarder-la-peinture/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091129183631/-sur-une-photo/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.apax.gayattitude.com/20091125174125/-matin-ensolleille-succulentes/" /></rdf:Seq></items></channel><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20100222181006/-tout-est-rentre-dans-l-ordre/"><title>  TOUT  EST  RENTRE  DANS  L'ORDRE</title><description>




Vermeer, Jeune femme écrivant une lettre avec sa Servante, c 1670 Blessington, Irlande 


  1

L'architecture du tableau est monumentale, comme est sculptural le calme de la Servante.  
Au milieu de la composition,  - elle se tient en retrait, debout, dans son vêtement austère aux plis droits et réguliers. 
Immobile, les bras posés l'un sur l'autre, elle attend que sa maîtresse ait terminé,  - et tournant la tête vers la clarté, comme distraite, elle regarde par la fenêtre.

A gauche au fond un long rideau blanc tombe obliquement. Le volet du bas a été tiré : tandis qu'en haut la lumière tamisée entre dans la pièce, éclairant en partie l'embrasure, le bas reste dans l'ombre. Plus en avant, l'autre vantail (dont les petits carreaux plombés forment des motifs symétriques) éclaire la Servante  et, latéralement, la Jeune Femme.
Au premier plan, une tenture sombre par contraste intensifie la clarté du vitrail.

A droite, sur une table couverte d'un tapis rouge aux motifs bleu noir, devant laquelle se trouve de biais (comme si quelqu'un l'avait quittée) une chaise,  - la Jeune Femme, portant une coiffe blanche brodée, deux grosses perles aux oreilles,  s'appuie sur son bras gauche, et la tête inclinée, toute concentrée, écrit avec sa main droite. Son cou dénudé, que soulignent les bords rabattus de sa chemise blanche, est orné d'un bijou.


 2

La tête de la Servante est placée juste dans l'angle inférieur d'un grand tableau au cadre noir, représentant Moïse sauvé des eaux : on discerne la Princesse égyptienne, qui reçoit l'enfant d'un serviteur. Au XVIIe siècle cette scène biblique symbolise la providence de Dieu, ou  la possibilité d'une paix entre des partis opposés, ou bien encore la réconciliation avec soi-même.


 3

La jeune femme a dû recevoir un courrier qui l'a mise hors d'elle, puisqu'elle l'a jeté sur le carrelage, devant : on aperçoit au premier plan en bas, la lettre dépliée froissée et le cachet de cire rouge.
Ou bien, toute enfiévrée par la passion amoureuse, elle recommence une lettre qui ne la satisfaisait pas, qu'elle aurait repoussée et fait tomber, avec un cachet et un bâton de cire. 


 4

Mais après ce geste d'impatience, elle a recouvré son calme. Cette Jeune Femme amoureuse, qui s'est parée pour son amant, est maintenant toute concentrée sur le billet qu'elle écrit : l'arête du nez, les deux avant-bras, les phalanges des doigts et la plume qu'elle tient forment un faisceau de lignes convergeant sur ce qu'elle écrit. 
Alors que son côté gauche dans l'ombre se découpe sur le mur éclairé, sa large manche blanche à gauche, exaltée par la lumière, contraste avec l'ombre derrière elle : équilibre et sérénité sont retrouvés. Tout est rentré dans l'ordre.


</description><content:encoded><![CDATA[<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20100222-6725018244b82ba01a99da.jpg" width="535" height="650" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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<font size="-2"><CENTER>Vermeer,<I> Jeune femme écrivant une lettre avec sa Servante, </I>c 1670</CENTER><CENTER> Blessington, Irlande </CENTER></font><br />
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L’architecture du tableau est monumentale, comme est sculptural le calme de la Servante.  <br />
Au milieu de la composition,  - elle se tient en retrait, debout, dans son vêtement austère aux plis droits et réguliers. <br />
Immobile, les bras posés l’un sur l’autre, elle attend que sa maîtresse ait terminé,  - et tournant la tête vers la clarté, comme distraite, elle regarde par la fenêtre.<br />
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A gauche au fond un long rideau blanc tombe obliquement. Le volet du bas a été tiré : tandis qu’en haut la lumière tamisée entre dans la pièce, éclairant en partie l’embrasure, le bas reste dans l’ombre. Plus en avant, l’autre vantail (dont les petits carreaux plombés forment des motifs symétriques) éclaire la Servante  et, latéralement, la Jeune Femme.<br />
Au premier plan, une tenture sombre par contraste intensifie la clarté du vitrail.<br />
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A droite, sur une table couverte d’un tapis rouge aux motifs bleu noir, devant laquelle se trouve de biais (comme si quelqu’un l’avait quittée) une chaise,  - la Jeune Femme, portant une coiffe blanche brodée, deux grosses perles aux oreilles,  s’appuie sur son bras gauche, et la tête inclinée, toute concentrée, écrit avec sa main droite. Son cou dénudé, que soulignent les bords rabattus de sa chemise blanche, est orné d’un bijou.<br />
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La tête de la Servante est placée juste dans l’angle inférieur d’un grand tableau au cadre noir, représentant Moïse sauvé des eaux : on discerne la Princesse égyptienne, qui reçoit l’enfant d’un serviteur. Au XVIIe siècle cette scène biblique symbolise la providence de Dieu, ou  la possibilité d’une paix entre des partis opposés, ou bien encore la réconciliation avec soi-même.<br />
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La jeune femme a dû recevoir un courrier qui l’a mise hors d’elle, puisqu’elle l’a jeté sur le carrelage, devant : on aperçoit au premier plan en bas, la lettre dépliée froissée et le cachet de cire rouge.<br />
Ou bien, toute enfiévrée par la passion amoureuse, elle recommence une lettre qui ne la satisfaisait pas, qu’elle aurait repoussée et fait tomber, avec un cachet et un bâton de cire. <br />
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Mais après ce geste d’impatience, elle a recouvré son calme. Cette Jeune Femme amoureuse, qui s’est parée pour son amant, est maintenant toute concentrée sur le billet qu’elle écrit : l’arête du nez, les deux avant-bras, les phalanges des doigts et la plume qu’elle tient forment un faisceau de lignes convergeant sur ce qu’elle écrit. <br />
Alors que son côté gauche dans l’ombre se découpe sur le mur éclairé, sa large manche blanche à gauche, exaltée par la lumière, contraste avec l’ombre derrière elle : équilibre et sérénité sont retrouvés. Tout est rentré dans l’ordre.<br />
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]]></content:encoded><link>http://blog.apax.gayattitude.com/20100222181006/-tout-est-rentre-dans-l-ordre/</link><dc:creator>Apax</dc:creator><dc:date>2010-02-22T18:10:06+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20100211175912/-quel-message-lu-et-peut-etre-relu-bien-des-fois/"><title>  QUEL  MESSAGE ,    -  LU  ET  PEUT-ETRE   RELU  BIEN  DES  FOIS ?</title><description>




  Vermeer,  La liseuse , c. 1657, (83 x 64.5cm), Gemäldegelerie, Dresde 
 


  1

Dans l'angle exigu d'une pièce devant la fenêtre ouverte, elle est debout, de profil, la tête à  peine penchée, les paupières baissées, regardant la lettre qu'avec ses deux mains elle tient devant elle et lit,  - ou bien relit. 
(Combien de fois l'aurait-elle déjà relue pour que les bords tenus si souvent semblent à ce point parcheminés ?)
 
Coiffure très élégante, tirée en arrière pour former un chignon, agrémentée de longues  mèches finement bouclées sur les tempes, qui retombent sur le col.
Sa robe, jaune et noire, aussi est très élégante.

Le visage penché vers l'avant se reflète, estompé, dans plusieurs carreaux plombés de la fenêtre ouverte.
Les plis d'un voluptueux rideau rouge sont retenus sur le haut du vantail, et retombent derrière les carreaux, on en aperçoit le drapé par transparence.
En dessous dans l'angle, le dossier d'une chaise à tête de lions.

Plaçant en retrait la jeune femme et l'enfermant dans une certaine intimité (avec le mur au fond, la chaise à gauche et le rideau à droite),  - une table barre le premier plan en bas,  - recouverte d'un tapis persan rouge aux motifs bleus, à gauche ramassé en plis épais sur lesquels repose en biais un large plat en faïence bleue de Delft, d'où débordent pommes et pêches.


  2

Alors que la courbe du front éclairé se découpe sur l'ombre de la fenêtre, la nuque et le dos contrastent avec la lumière projetée sur le mur du fond (Vermeer y a effacé un tableau figurant Cupidon, qui suggérait trop évidemment que la lettre était une lettre d'amour. Le peintre a préféré la claire nudité du mur derrière la jeune femme : la lettre y gagne en mystère, et la lumière y est exaltée).

A droite, une autre lumière joue joliment dans les plis obliques ou verticaux du rideau à franges, suspendu à une tringle en haut. 
C'est en fait un trompe l'œil, imitant ces rideaux qui, dans les intérieurs hollandais, protégeaient certains tableaux d'une lumière trop forte, et des mouches.
 
Mais ce rideau qui semble appartenir à l'espace réel, tiré aux trois quarts, fait de nous un intrus, regardant en secret la lecture intime de la jeune femme.

Si concentrée, que peut-elle donc bien lire de si précieux ?


  3

Tandis que Pieter de Hooch (autre peintre delftois contemporain) représente toujours avec brio le chatoiement anecdotique de la vie ordinaire, Vermeer, lui, abstrait le moment qu'il peint en en retranchant le bavardage narratif,  - en invente et découvre le silence essentiel.


  4

Le trompe l'œil exalte aussi la verticalité de la composition : on n'y trouve ni plancher ni plafond. La lumière seule y joue.

L'espace et le temps sont abolis.

Reste le silence lumineux d'une lecture.




</description><content:encoded><![CDATA[<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20100211-3704939834b7436e1100cf.jpg" width="495" height="650" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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<FONT FACE=Georgia> <CENTER><font size="-2"> Vermeer, <I> La liseuse </I>, c. 1657, (83 x 64.5cm), Gemäldegelerie, Dresde </font><br />
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Dans l’angle exigu d’une pièce devant la fenêtre ouverte, elle est debout, de profil, la tête à  peine penchée, les paupières baissées, regardant la lettre qu’avec ses deux mains elle tient devant elle et lit,  - ou bien relit. <br />
(Combien de fois l’aurait-elle déjà relue pour que les bords tenus si souvent semblent à ce point parcheminés ?)<br />
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Coiffure très élégante, tirée en arrière pour former un chignon, agrémentée de longues  mèches finement bouclées sur les tempes, qui retombent sur le col.<br />
Sa robe, jaune et noire, aussi est très élégante.<br />
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Le visage penché vers l’avant se reflète, estompé, dans plusieurs carreaux plombés de la fenêtre ouverte.<br />
Les plis d’un voluptueux rideau rouge sont retenus sur le haut du vantail, et retombent derrière les carreaux, on en aperçoit le drapé par transparence.<br />
En dessous dans l’angle, le dossier d’une chaise à tête de lions.<br />
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Plaçant en retrait la jeune femme et l’enfermant dans une certaine intimité (avec le mur au fond, la chaise à gauche et le rideau à droite),  - une table barre le premier plan en bas,  - recouverte d’un tapis persan rouge aux motifs bleus, à gauche ramassé en plis épais sur lesquels repose en biais un large plat en faïence bleue de Delft, d’où débordent pommes et pêches.<br />
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Alors que la courbe du front éclairé se découpe sur l’ombre de la fenêtre, la nuque et le dos contrastent avec la lumière projetée sur le mur du fond (Vermeer y a effacé un tableau figurant Cupidon, qui suggérait trop évidemment que la lettre était une lettre d’amour. Le peintre a préféré la claire nudité du mur derrière la jeune femme : la lettre y gagne en mystère, et la lumière y est exaltée).<br />
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A droite, une autre lumière joue joliment dans les plis obliques ou verticaux du rideau à franges, suspendu à une tringle en haut. <br />
C’est en fait un trompe l’œil, imitant ces rideaux qui, dans les intérieurs hollandais, protégeaient certains tableaux d’une lumière trop forte, et des mouches.<br />
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Mais ce rideau qui semble appartenir à l’espace réel, tiré aux trois quarts, fait de nous un intrus, regardant en secret la lecture intime de la jeune femme.<br />
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Si concentrée, que peut-elle donc bien lire de si précieux ?<br />
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Tandis que Pieter de Hooch (autre peintre delftois contemporain) représente toujours avec brio le chatoiement anecdotique de la vie ordinaire, Vermeer, lui, abstrait le moment qu’il peint en en retranchant le bavardage narratif,  - en invente et découvre le silence essentiel.<br />
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Le trompe l’œil exalte aussi la verticalité de la composition : on n’y trouve ni plancher ni plafond. La lumière seule y joue.<br />
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L’espace et le temps sont abolis.<br />
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Reste le silence lumineux d’une lecture.<br />
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]]></content:encoded><link>http://blog.apax.gayattitude.com/20100211175912/-quel-message-lu-et-peut-etre-relu-bien-des-fois/</link><dc:creator>Apax</dc:creator><dc:date>2010-02-11T17:59:12+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20100204193747/-o-culo-di-angelo/"><title>   O   CULO  DI  ANGELO   ! </title><description>
 Insolent à l'excès dès qu'il crut le pouvoir oser impunément, et en même temps familier et populaire avec le commun par une affectation qui voilait sa vanité, et le faisait aimer du vulgaire; au fond l'orgueil même, et un orgueil qui voulait tout, qui dévorait tout.  
 (Non, il ne s'agit pas de Qui vous croyez, même si cela y ressemble fort …  Mais continuons.)  A mesure que son rang s'éleva et que sa faveur augmenta, sa hauteur, son peu de ménagement, son opiniâtreté jusqu'à l'entêtement, tout cela crût à proportion, jusqu'à se rendre inutile toute espèce d'avis, et se rendre inaccessible qu'à un nombre très petit de familiers, et à ses valets. La louange, puis l'admiration, enfin l'adoration, furent le canal unique par lequel on pût approcher ce demi-dieu, qui soutenait des thèses ineptes sans que personne osât, non pas contredire, mais ne pas approuver. Il connut et abusa plus que personne de la bassesse du Français.

Ces lignes, tirées des  Mémoires  de Saint-Simon, esquissent le portrait du duc de Vendôme, petit-fils d'un bâtard de Henri IV et sodomite pratiquant,  -  apprécié de Louis XIV qui pourtant avait ce vice en horreur. 

Vendôme se levait assez tard à l'armée, se mettait sur sa chaise percée, y faisait ses lettres et y donnait ses ordres du matin.  Tout cela en présence d'officiers généraux et de gens distingués. Le petit duc n'épargne aucun détail réaliste à son lecteur : Il rendait beaucoup; quand le bassin était plein à répandre, on le tirait et on le passait sous le nez de toute la compagnie pour l'aller vider, et souvent plus d'une fois. Les jours de barbe, le même bassin dans lequel il venait de se soulager, servait à lui faire la barbe. C'était une simplicité de mœurs, selon lui, digne des premiers Romains, et qui condamnait tout le faste et le superflu des autres.

Saint-Simon évoque ensuite par une anecdote curieuse le mépris de ce personnage pour  tout ce qui était élevé en grade ou en naissance . Alors qu'il commandait l'armée d'Italie lors de la guerre de Succession d'Espagne, le duc de Vendôme eut à négocier avec le duc de Parme, qui lui envoya l'évêque de la ville.
Celui-ci se trouva bien surpris d'être reçu par M. de Vendôme sur sa chaise percée, et plus encore de le voir se lever au milieu de la conférence, et se torcher le cul devant lui.   Indigné, le prélat quitte la place sans mot dire. 

Le duc de Parme avait un jardinier, Alberoni, qui, rêvait d'« arriver ». Il sut plaire au duc par ses bouffonneries. Ce dernier lui trouva de l'esprit, et qu'il pouvait n'être pas incapable d'affaires. Il ne crut pas que la chaise percée de M. de Vendôme demandât un autre envoyé  : Alberoni comprit qu'il avait tout à gagner s'il finissait l'affaire. Il traite donc avec le duc sur sa chaise percée, flatte, plaisante, fait rire et plaît. 
 Vendôme en usa avec lui comme il avait fait avec l'évêque, il se torcha le cul devant lui. A cette vue Alberoni s'écrie: O culo di angelo!... et courut le baiser.

Ainsi devait commencer une belle carrière : Alberoni avait compris les exigences de la realpolitik.





 Cy Twombly, &quot;Sans Titre&quot;, 1968


</description><content:encoded><![CDATA[<br />
<I> <font color="black">Insolent à l’excès dès qu’il crut le pouvoir oser impunément, et en même temps familier et populaire avec le commun par une affectation qui voilait sa vanité, et le faisait aimer du vulgaire; au fond l’orgueil même, et un orgueil qui voulait tout, qui dévorait tout. </font> </I><br />
 (Non, il ne s’agit pas de Qui vous croyez, même si cela y ressemble fort …  Mais continuons.) <I><font color="black"> A mesure que son rang s’éleva et que sa faveur augmenta, sa hauteur, son peu de ménagement, son opiniâtreté jusqu’à l’entêtement, tout cela crût à proportion, jusqu’à se rendre inutile toute espèce d’avis, et se rendre inaccessible qu’à un nombre très petit de familiers, et à ses valets. La louange, puis l’admiration, enfin l’adoration, furent le canal unique par lequel on pût approcher ce demi-dieu, qui soutenait des thèses ineptes sans que personne osât, non pas contredire, mais ne pas approuver. Il connut et abusa plus que personne de la bassesse du Français.</font></I><br />
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Ces lignes, tirées des <I> Mémoires </I> de Saint-Simon, esquissent le portrait du duc de Vendôme, petit-fils d’un bâtard de Henri IV et sodomite pratiquant,  -  apprécié de Louis XIV qui pourtant avait ce vice en horreur. <br />
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Vendôme<I> <font color="black">se levait assez tard à l’armée, se mettait sur sa chaise percée, y faisait ses lettres et y donnait ses ordres du matin. </font></I> Tout cela en présence d’officiers généraux et de gens distingués. Le petit duc n’épargne aucun détail réaliste à son lecteur : <I><font color="black">Il rendait beaucoup; quand le bassin était plein à répandre, on le tirait et on le passait sous le nez de toute la compagnie pour l’aller vider, et souvent plus d’une fois. Les jours de barbe, le même bassin dans lequel il venait de se soulager, servait à lui faire la barbe. C’était une simplicité de mœurs, selon lui, digne des premiers Romains, et qui condamnait tout le faste et le superflu des autres.</font></I><br />
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Saint-Simon évoque ensuite par une anecdote curieuse le mépris de ce personnage pour <I> tout ce qui était élevé en grade ou en naissance </I>. Alors qu’il commandait l’armée d’Italie lors de la guerre de Succession d’Espagne, le duc de Vendôme eut à négocier avec le duc de Parme, qui lui envoya l’évêque de la ville.<br />
Celui-ci <I><font color="black">se trouva bien surpris d’être reçu par M. de Vendôme sur sa chaise percée, et plus encore de le voir se lever au milieu de la conférence, et se torcher le cul devant lui.</font> </I>  Indigné, le prélat quitte la place sans mot dire. <br />
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Le duc de Parme avait un jardinier, Alberoni, qui, rêvait d’« arriver ». Il sut plaire au duc par ses bouffonneries. Ce dernier <I><font color="black">lui trouva de l’esprit, et qu’il pouvait n’être pas incapable d’affaires. Il ne crut pas que la chaise percée de M. de Vendôme demandât un autre envoyé </font></I> : Alberoni comprit qu’il avait tout à gagner s’il finissait l’affaire. Il traite donc avec le duc sur sa chaise percée, flatte, plaisante, fait rire et plaît. <br />
<I><font color="black"> Vendôme en usa avec lui comme il avait fait avec l’évêque, il se torcha le cul devant lui. A cette vue Alberoni s’écrie: O culo di angelo!... et courut le baiser.</font></I><br />
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Ainsi devait commencer une belle carrière : Alberoni avait compris les exigences de la realpolitik.<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20100205-14889123894b6b669a18456.jpg" width="374" height="650" border="1" alt="" title="" /></div><br />
<FONT FACE=Georgia> <CENTER>Cy Twombly, "Sans Titre", 1968</CENTER><br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20100125-6379036734b5ddfb454df9.jpg" width="650" height="488" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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]]></content:encoded><link>http://blog.apax.gayattitude.com/20100125191742/-ce-matin-vers-8-h-30/</link><dc:creator>Apax</dc:creator><dc:date>2010-01-25T19:17:42+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20100121193949/-soudain-entendre-et-le-temps-qu-il-fait/"><title>  SOUDAIN  ENTENDRE  (ET  LE  TEMPS  QU'IL  FAIT)</title><description>




 Bram Van Velde, lithographie, (33 x 64cm) 1975 


Entendu ce matin à la radio deux poèmes de Reverdy. Le premier : « En ce temps là le charbon / était devenu aussi précieux / et rare que des pépites d'or / et j'écrivais dans un grenier / où la neige, en tombant / par les fentes du toit, devenait / bleue  ». L'autre s'achevait ainsi : «la gouttière est bordée de diamants / les oiseaux les boivent  ».

Ces deux poèmes m'ont toujours touché alors que la poésie de Reverdy la plupart du temps reste opaque pour moi.

Peut-être parce que ces phrases-là transfigurent le réel, le font devenir précieux, désirable.

J'ai feuilleté le recueil de Plupart du temps, I, ai lu quelques-uns de ses poèmes,  - qui se sont ouverts, et m'ont dit quelque chose, comme «Saltimbanques » p. 52, ou «Jour monotone » p 93 (mais aujourd'hui l'air est si froid, humide, atone et gris, la bruine si lugubre, les lieux si désolés qu'on ne peut pas ne pas entendre un poème qui s'achève si simplement : «On n'entend pleurer que la pluie»).

Surpris aussi de trouver p. 135 cette phrase soulignée au crayon de papier : «Et devant la porte un homme solide et doux qui connaît sa force et qui attend  ».

Je me demande bien quand j'ai souligné cette phrase, et précisément pourquoi.




</description><content:encoded><![CDATA[<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20100121-14166942054b589f0587577.jpg" width="650" height="308" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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<FONT FACE=Georgia> <CENTER>Bram Van Velde, lithographie, (33 x 64cm) 1975 </CENTER><br />
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Entendu ce matin à la radio deux poèmes de Reverdy. Le premier : «<I> En ce temps là le charbon / était devenu aussi précieux / et rare que des pépites d’or / et j’écrivais dans un grenier / où la neige, en tombant / par les fentes du toit, devenait / bleue </I> ». L’autre s’achevait ainsi : «<I>la gouttière est bordée de diamants / les oiseaux les boivent  </I>».<br />
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Ces deux poèmes m’ont toujours touché alors que la poésie de Reverdy la plupart du temps reste opaque pour moi.<br />
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Peut-être parce que ces phrases-là transfigurent le réel, le font devenir précieux, désirable.<br />
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J’ai feuilleté le recueil de <I>Plupart du temps, I</I>, ai lu quelques-uns de ses poèmes,  - qui se sont ouverts, et m’ont dit quelque chose, comme «Saltimbanques » p. 52, ou «Jour monotone » p 93 (mais aujourd’hui l’air est si froid, humide, atone et gris, la bruine si lugubre, les lieux si désolés qu’on ne peut pas ne pas entendre un poème qui s’achève si simplement : «<I>On n’entend pleurer que la pluie</I>»).<br />
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Surpris aussi de trouver p. 135 cette phrase soulignée au crayon de papier : «<I>Et devant la porte un homme solide et doux qui connaît sa force et qui attend </I> ».<br />
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Je me demande bien quand j’ai souligné cette phrase, et précisément pourquoi.<br />
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]]></content:encoded><link>http://blog.apax.gayattitude.com/20100121193949/-soudain-entendre-et-le-temps-qu-il-fait/</link><dc:creator>Apax</dc:creator><dc:date>2010-01-21T19:39:49+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20091223183544/-fenetre-succulentes/"><title> FENETRE  (SUCCULENTES) </title><description>







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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20091223-14024171234b325438e54f2.jpg" width="650" height="488" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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]]></content:encoded><link>http://blog.apax.gayattitude.com/20091223183544/-fenetre-succulentes/</link><dc:creator>Apax</dc:creator><dc:date>2009-12-23T18:35:44+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20091221200128/-l-il-critique-un-brin-ironique-du-peintre-fishcl-encore/"><title> « L'ŒIL  CRITIQUE,  UN  BRIN  IRONIQUE,  DU  PEINTRE » ? ( FISHCL,  ENCORE !)</title><description>





 

Suite au dernier texte que j'ai publié sur le tableau de Fischl intitulé  Scenes of the late paradise : Parade, Marguerite–déraille écrit en commentaire : « Pas de désespérance sous-jacente dans ce tableau mais comment ne pas percevoir, autant qu'avec mon buveur seul dans son salon, l'œil critique, un brin ironique, du peintre ?»

A quoi j'ai répondu « Probablement. ». Mais l'affirmation que contient cette question rhétorique me semble moins aller de soi qu'il n'y paraît.

Peut-on dire que Fischl porte un regard  « critique, un brin ironique» sur cette partie de la société américaine qu'il peint ?

Je suis tenté de répondre « Pas sûr», car je me demande si vraiment un artiste, comme Fischl (mais je crois qu'on pourrait généraliser) est  critique vis-à-vis de ce qu'il représente. 

Qu'il observe un certain milieu avec un regard aigu, et le figure sans concession, c'est certain. Qu'il porte un jugement sur celui-là, comme pourrait le faire un caricaturiste, je ne le crois pas. 

Dans la peinture de Fischl, on ne trouve ni déformation, ni grimace, ni exagération, ni ridicule juste une certaine emphase que donne la lumière crue. C'est un art naturaliste, qui avant tout se propose de représenter les êtres et les choses tels que l'artiste les voit.

 D'autre part,  je voudrais aussi aborder un aspect de cette peinture (Parade) qui a été négligé : ce qu'elle comporte de  beau (pour moi, en tout cas  - au risque de faire hurler ! et d'ailleurs un commentaire dit : Affreux, horrible, obscène, à vomir . A quoi l'on pourrait déjà répondre : « De quoi parlez-vous ?  Des corps représentés ? Ou de l'art qui les représente ? » Je crois que dans ce commentaire on vise surtout les corps, ce qui est en grande partie hors de propos.)

En quoi ce tableau (dont les grandes dimensions ne sont pas négligeables : 2, 70 m x 1, 90 m) me semble réussi : le groupe des individus représentés grandeur nature, l'est avec beaucoup de vigueur et de variété : les personnages masculins de forte carrure ont de la prestance, mais leurs tailles diffèrent, voire contrastent, comme font les deux hommes au milieu,  - avec des chairs fatiguées, certes, mais il se dégage d'eux, malgré leurs shorts ou leur marcel une puissance digne des divinités figurées par Véronèse ou par Rubens. Parmi les femmes, celle, au sein nu, qui porte sa main au-dessus de ses yeux ne manque pas de grâce, et son geste aussi contraste avec ce que la composition en frise pourrait avoir de monotone … De plus je trouve que le mouvement parallèle des jambes gauches repliées des deux hommes au centre (qui reprend en écho le mouvement identique de l'homme âgé tout à gauche) dynamise la composition.

D'ailleurs le titre,  Scenes of the late paradise : Parade est assez clair : ces hommes, ces femmes sont des dieux en exil : ils ont perdu l'éternelle jeunesse du Paradis, mais ont gardé leur aise : c'est ce que montrent leurs corps. Ils se sont adaptés à leur nouvelle condition. Le Paradis appartient au passé, mais ils n'ont point honte de leur chair flétrie. Ils sont toujours à leur aise, peut-être même en font-ils étalage : oui, c'est une parade, et c'est peut-être ce rien d'ostentation qui pourrait être qualifié d'obscénité …

Mais il ne me semble pas que le peintre soit critique à leur égard, ni même un brin ironique. Je parlerais plutôt d'empathie amusée.  







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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20091221-3814521014b2fc50a2c783.jpg" width="650" height="456" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Suite au dernier texte que j’ai publié sur le tableau de Fischl intitulé <I> Scenes of the late paradise : Parade</I>, Marguerite–déraille écrit en commentaire : «<I> Pas de désespérance sous-jacente dans ce tableau mais comment ne pas percevoir, autant qu'avec mon buveur seul dans son salon, l'œil critique, un brin ironique, du peintre ?</I>»<br />
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A quoi j’ai répondu «<I> Probablement. </I>». Mais l’affirmation que contient cette question rhétorique me semble moins aller de soi qu’il n’y paraît.<br />
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Peut-on dire que Fischl porte un regard  «<I> critique, un brin ironique</I>» sur cette partie de la société américaine qu’il peint ?<br />
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Je suis tenté de répondre «<I> Pas sûr</I>», car je me demande si vraiment un artiste, comme Fischl (mais je crois qu’on pourrait généraliser) est <I> critique</I> vis-à-vis de ce qu’il représente. <br />
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Qu’il observe un certain milieu avec un regard aigu, et le figure sans concession, c’est certain. Qu’il porte un jugement sur celui-là, comme pourrait le faire un caricaturiste, je ne le crois pas. <br />
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Dans la peinture de Fischl, on ne trouve ni déformation, ni grimace, ni exagération, ni ridicule juste une certaine emphase que donne la lumière crue. C’est un art naturaliste, qui avant tout se propose de représenter les êtres et les choses tels que l’artiste les voit.<br />
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 D’autre part,  je voudrais aussi aborder un aspect de cette peinture (Parade) qui a été négligé : ce qu’elle comporte de <I> beau</I> (pour moi, en tout cas  - au risque de faire hurler ! et d’ailleurs un commentaire dit : <I >Affreux, horrible, obscène, à vomir </I>. A quoi l’on pourrait déjà répondre : « De quoi parlez-vous ?  Des corps représentés ? Ou de l’art qui les représente ? » Je crois que dans ce commentaire on vise surtout les corps, ce qui est en grande partie hors de propos.)<br />
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En quoi ce tableau (dont les grandes dimensions ne sont pas négligeables : 2, 70 m x 1, 90 m) me semble réussi : le groupe des individus représentés grandeur nature, l’est avec beaucoup de vigueur et de variété : les personnages masculins de forte carrure ont de la prestance, mais leurs tailles diffèrent, voire contrastent, comme font les deux hommes au milieu,  - avec des chairs fatiguées, certes, mais il se dégage d’eux, malgré leurs shorts ou leur marcel une puissance digne des divinités figurées par Véronèse ou par Rubens. Parmi les femmes, celle, au sein nu, qui porte sa main au-dessus de ses yeux ne manque pas de grâce, et son geste aussi contraste avec ce que la composition en frise pourrait avoir de monotone … De plus je trouve que le mouvement parallèle des jambes gauches repliées des deux hommes au centre (qui reprend <I >en écho</I> le mouvement identique de l’homme âgé tout à gauche) dynamise la composition.<br />
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D’ailleurs le titre, <I> Scenes of the late paradise : Parade</I> est assez clair : ces hommes, ces femmes sont des dieux en exil : ils ont perdu l’éternelle jeunesse du Paradis, mais ont gardé leur aise : c’est ce que montrent leurs corps. Ils se sont adaptés à leur nouvelle condition. Le Paradis appartient au passé, mais ils n’ont point honte de leur chair flétrie. Ils sont toujours à leur aise, peut-être même en font-ils étalage : oui, c’est une parade, et c’est peut-être ce rien d’ostentation qui pourrait être qualifié d’obscénité …<br />
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Mais il ne me semble pas que le peintre soit critique à leur égard, ni même un brin ironique. Je parlerais plutôt d’empathie amusée.  <br />
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  GRAND  FOOTING



Grandes enjambées le long de la plage où les vagues s'allongent frangées de blanc. Grand footing, ça marche, droit devant, casquettes et lunettes de soleil, cambrée ventre avancé les bras ballants une deux une deux en avant.

Petites foulées, ça marche. Ça a toujours marché pour eux, le droit, la politique ou la finance ou le marché. A l'aise, ils ont toujours été à l'aise, le sont encore, malgré les corps avachis, les bras décharnés, la chair flasque des cuisses, les ventres ballonnés. A l'aise, toujours à l'aise.

Grandes enjambées le long de la plage, l'air assuré, décidés, dégagés, profil de momie, emphatique drap de bain turquoise et blanc, hercules sportifs, grands shorts flottants, torses boursouflés, parlant, ne parlant pas, c'est égal, en avant, les autres suivent.

Petites foulées, ça marche, casquettes et lunettes de soleil, ventre en avant, les autres suivent, tribu, troupeau, tous ensemble, grands gorilles en longs shorts flottants, balèzes, à l'aise, ça marche. Et trois westies parmi eux trottinent. 


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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20091216-9884991604b291fb33c244.jpg" width="650" height="456" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Grandes enjambées le long de la plage où les vagues s’allongent frangées de blanc. Grand footing, ça marche, droit devant, casquettes et lunettes de soleil, cambrée ventre avancé les bras ballants une deux une deux en avant.<br />
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Petites foulées, ça marche. Ça a toujours marché pour eux, le droit, la politique ou la finance ou le marché. A l’aise, ils ont toujours été à l’aise, le sont encore, malgré les corps avachis, les bras décharnés, la chair flasque des cuisses, les ventres ballonnés. A l’aise, toujours à l’aise.<br />
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Grandes enjambées le long de la plage, l’air assuré, décidés, dégagés, profil de momie, emphatique drap de bain turquoise et blanc, hercules sportifs, grands shorts flottants, torses boursouflés, parlant, ne parlant pas, c’est égal, en avant, les autres suivent.<br />
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Petites foulées, ça marche, casquettes et lunettes de soleil, ventre en avant, les autres suivent, tribu, troupeau, tous ensemble, grands gorilles en longs shorts flottants, balèzes, à l’aise, ça marche. Et trois westies parmi eux trottinent. <br />
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Ce que vous dites du «  regard critique et acerbe de Fischl sur la bourgeoisie américaine» est exact, convient à la majorité de ses œuvres, mais  Living room, scène 1 me semble échapper en partie à ce constat par l'ambiguïté du personnage : si son corps massif peut correspondre à cette satisfaction propre à la bourgeoisie américaine, son visage me paraît en contraste avec celle-là : j'y vois comme de l'incertitude voire (mais c'est peut-être exagéré) une certaine inquiétude : c'est par cette expression que ce tableau me semble échapper en grande partie à l'analyse que vous faites.

Bien qu'effectivement on retrouve ce personnage debout buvant un verre au moins dans une autre toile, je ne crois pas qu'il fasse fonction d'un symbole, d'un cliché au sens où vous l'entendez. La question du breuvage sur lequel j'ergoterais n'est pas insignifiante. Un peu légèrement vous suggérez que ce puisse être du Coca Cola. Mais non, dans le tableau, le breuvage est incolore. C'est peut-être de la vodka, me direz-vous. Mais un bourgeois américain buvant de la vodka, comme symbole ou « cliché », ça ne va pas …Comme je ne pense pas que ce personnage soit un « symbole », je suggère qu'il boit un verre d'eau, comme on le fait parfois en se levant le matin.

Vous persistez dans votre interprétation du mur vide et du mobilier épuré, je persiste à penser qu'elle est une surinterprétation, pour le moins. 

Toujours à propos du mobilier, vous dites que je « fais le bête », mais le seul argument que vous avancez pour me réfuter c'est le « traitement » de celui-là par le peintre. Je ne vois pas quel est ce traitement particulier.

Plus intéressante, et probablement fondamentale, la question du malaise que vous et l'un de vos commentateurs (et certainement d'autres spectateurs) avez ressenti devant ce tableau. Vous semblez dire que ce tableau nécessairement suscite le malaise. Eh bien non ! Là encore, ce n'est pas exact : je peux dire que je n'éprouve pas de malaise devant ce tableau, ni les autres de Fischl. Ce genre de malaise relève du rapport que l'on a à soi-même.
Cela doit être important pour vous puisque vous écrivez « un malaise jusqu'à l'obscénité ». Or je ne comprends pas le sens de cette phrase. Voulez-vous dire jusqu'au dégoût ? Si c'est le cas, vous confondez la cause et l'effet : la cause  c'est l'image qui choque par son obscénité, l'effet c'est votre dégoût, qui n'est pas l'obscénité. Je crois que cette confusion n'est pas anodine.
Vous vous êtes demandé honnêtement pourquoi vous aviez une telle réaction. Et vous répondez par votre interprétation. Mais celle-ci est principalement d'ordre sociologique, et ne parle pas de vous-même. Je ne vous demande pas, bien sûr, de nous donner la réponse, je dis simplement que votre interprétation en réalité ne répond pas à la question, comme si inconsciemment vous vous étiez réfugié derrière un propos sociologique. 

Comment je vois cette peinture : un homme vient de se lever, dehors il fait très beau, la lumière inonde son appartement, il boit un verre d'eau par habitude, ou pour se rafraîchir … Il sort à peine de son sommeil, il ne pense à rien, ou bien, les préoccupations du jour commencent à affleurer à son esprit …
Cette peinture ne me semble pas un chef-d'œuvre. C'est une scène de genre montrant un moment de la vie privée contemporaine. La composition en est plutôt banale. Mais l'attitude et le cadrage du corps de l'homme, dans une perspective très réaliste, me semblent réussis. Et j'aime assez l'image de ce corps masculin, son aspect massif, en contraste avec l'expression pensive, voire inquiète du visage. 

Cet air en effet ouvre  sur autre chose, qui nous reste inconnu. Et c'est ce qui en fait pour moi, un peu, la  poésie . 






</description><content:encoded><![CDATA[<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20091210-13570360384b212e89a8371.jpg" width="650" height="468" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Ce que vous dites du « <I> regard critique et acerbe de Fischl sur la bourgeoisie américaine</I>» est exact, convient à la majorité de ses œuvres, mais <I> Living room, scène 1</I> me semble échapper en partie à ce constat par l’ambiguïté du personnage : si son corps massif peut correspondre à cette satisfaction propre à la bourgeoisie américaine, son visage me paraît en contraste avec celle-là : j’y vois comme de l’incertitude voire (mais c’est peut-être exagéré) une certaine inquiétude : c’est par cette expression que ce tableau me semble échapper en grande partie à l’analyse que vous faites.<br />
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Bien qu’effectivement on retrouve ce personnage debout buvant un verre au moins dans une autre toile, je ne crois pas qu’il fasse fonction d’un symbole, d’un cliché au sens où vous l’entendez. La question du breuvage sur lequel j’ergoterais n’est pas insignifiante. Un peu légèrement vous suggérez que ce puisse être du Coca Cola. Mais non, dans le tableau, le breuvage est incolore. C’est peut-être de la vodka, me direz-vous. Mais un bourgeois américain buvant de la vodka, comme symbole ou « cliché », ça ne va pas …Comme je ne pense pas que ce personnage soit un « symbole », je suggère qu’il boit un verre d’eau, comme on le fait parfois en se levant le matin.<br />
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Vous persistez dans votre interprétation du mur vide et du mobilier épuré, je persiste à penser qu’elle est une surinterprétation, pour le moins. <br />
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Toujours à propos du mobilier, vous dites que je « fais le bête », mais le seul argument que vous avancez pour me réfuter c’est le « traitement » de celui-là par le peintre. Je ne vois pas quel est ce traitement particulier.<br />
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Plus intéressante, et probablement fondamentale, la question du malaise que vous et l’un de vos commentateurs (et certainement d’autres spectateurs) avez ressenti devant ce tableau. Vous semblez dire que ce tableau nécessairement suscite le malaise. Eh bien non ! Là encore, ce n’est pas exact : je peux dire que je n’éprouve pas de malaise devant ce tableau, ni les autres de Fischl. Ce genre de malaise relève du rapport que l’on a à soi-même.<br />
Cela doit être important pour vous puisque vous écrivez « un malaise jusqu’à l’obscénité ». Or je ne comprends pas le sens de cette phrase. Voulez-vous dire jusqu’au dégoût ? Si c’est le cas, vous confondez la cause et l’effet : la cause  c’est l’image qui choque par son obscénité, l’effet c’est votre dégoût, qui n’est pas l’obscénité. Je crois que cette confusion n’est pas anodine.<br />
Vous vous êtes demandé honnêtement pourquoi vous aviez une telle réaction. Et vous répondez par votre interprétation. Mais celle-ci est principalement d’ordre sociologique, et ne parle pas de vous-même. Je ne vous demande pas, bien sûr, de nous donner la réponse, je dis simplement que votre interprétation en réalité ne répond pas à la question, comme si inconsciemment vous vous étiez réfugié derrière un propos sociologique. <br />
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Comment je vois cette peinture : un homme vient de se lever, dehors il fait très beau, la lumière inonde son appartement, il boit un verre d’eau par habitude, ou pour se rafraîchir … Il sort à peine de son sommeil, il ne pense à rien, ou bien, les préoccupations du jour commencent à affleurer à son esprit …<br />
Cette peinture ne me semble pas un chef-d’œuvre. C’est une scène de genre montrant un moment de la vie privée contemporaine. La composition en est plutôt banale. Mais l’attitude et le cadrage du corps de l’homme, dans une perspective très réaliste, me semblent réussis. Et j’aime assez l’image de ce corps masculin, son aspect massif, en contraste avec l’expression pensive, voire inquiète du visage. <br />
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Cet air en effet <I>ouvre </I> sur autre chose, qui nous reste inconnu. Et c’est ce qui en fait pour moi, un peu, la <I> poésie </I>. <br />
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Ecrire sur la peinture parfois fait dire de grosses bêtises. C'est ce qui est arrivé à un  camarade à propos d'un tableau de Fischl : Living room, scene 1 (2002), dans lequel il voit «un symbole de l'obscénité américaine, autrement dit, occidentale  ».

En effet il écrit : « Bien sûr, l'obscénité de ce tableau n'est pas dans le corps nu. Fut-il celui d'un quinqua rondouillard, quoique non obèse si l'on s'en réfère aux standards américains. L'obscénité n'est pas non plus dans le nez plongé dans un verre de whisky, mais dans le décor évoqué par le peintre avec économie et perspicacité. »
 
Vous voyez du whisky, vous ? 
Un jus d'orange ? de l'eau ? … 
On ne peut identifier ce qu'il y a dans le verre que boit le personnage. Dire qu'il s'agit de whisky me semble donc une extrapolation abusive, relevant du cliché,  - ou de la projection personnelle …

Le décor maintenant : « Les murs disent son vide  » : autre affirmation gratuite, ici : je crois que bien des gens ayant des murs vides contesteraient cette affirmation. D'ailleurs, un mur vide, dans un monde saturé d'images, c'est reposant, c'est très zen.

 Le personnage : « Son aisance n'est peuplée de rien sinon de la seule satisfaction de s'être créé les conditions d'un confort excessif et inutile. » : au nom de quoi le camarade peut-il affirmer cela ? Cette phrase énonce une interprétation idéologique qui ne tient pas compte du tableau. Pour le camarade, un canapé, une table basse, un bouquet seraient «un confort excessif et inutile». 
Franchement c'est du délire !

Morale du tableau : «L'argent qui écrase les uns pour le confort des autres ne comblent pas la solitude ni le néant de cette vie. Là est l'obscénité.» Quel est le rapport de cette phrase avec ce que le tableau  montre ? Quoi, dans le tableau, suggère que cet homme éprouve un sentiment de solitude ? Quoi suggère que sa vie est un néant ?

L'obscénité, c'est le caractère de ce qui est choquant, impudique. Il est clair que le mot ne convient pas ici, même si on le prend au sens plus large de choquant, car cette affirmation «L'argent qui écrase les uns pour le confort des autres ne comblent pas la solitude ni le néant de cette vie.» ne s'applique en rien à ce que le tableau montre.

Que des aspects de la société américaine présentés dans certaines peintures de Fischl relèvent de l'obscénité, dans le sens précis du mot, et dans son sens élargi, c'est incontestable. Mais ce n'est pas le cas ici.

Le camarade donne l'impression de ne pas avoir regardé ce tableau, et d'y projeter sans raisons véritables quelques connaissances très générales relevant de clichés …




</description><content:encoded><![CDATA[<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20091209-18468330904b1fef5d1f1f7.jpg" width="650" height="468" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Ecrire sur la peinture parfois fait dire de grosses bêtises. C’est ce qui est arrivé à un  camarade à propos d’un tableau de Fischl : Living room, scene 1 (2002), dans lequel il voit «<I>un symbole de l'obscénité américaine, autrement dit, occidentale </I> ».<br />
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En effet il écrit : « <I>Bien sûr, l'obscénité de ce tableau n'est pas dans le corps nu. Fut-il celui d'un quinqua rondouillard, quoique non obèse si l'on s'en réfère aux standards américains. L'obscénité n'est pas non plus dans le nez plongé dans un verre de whisky, mais dans le décor évoqué par le peintre avec économie et perspicacité. </I>»<br />
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Vous voyez du whisky, vous ? <br />
Un jus d’orange ? de l’eau ? … <br />
On ne peut identifier ce qu’il y a dans le verre que boit le personnage. Dire qu’il s’agit de whisky me semble donc une extrapolation abusive, relevant du cliché,  - ou de la projection personnelle …<br />
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Le décor maintenant : «<I> Les murs disent son vide  </I>» : autre affirmation gratuite, ici : je crois que bien des gens ayant des murs vides contesteraient cette affirmation. D’ailleurs, un mur vide, dans un monde saturé d’images, c’est reposant, c’est très zen.<br />
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 Le personnage : «<I> Son aisance n'est peuplée de rien sinon de la seule satisfaction de s'être créé les conditions d'un confort excessif et inutile. </I>» : au nom de quoi le camarade peut-il affirmer cela ? Cette phrase énonce une interprétation idéologique qui ne tient pas compte du tableau. Pour le camarade, un canapé, une table basse, un bouquet seraient «<I>un confort excessif et inutile</I>». <br />
Franchement c’est du délire !<br />
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Morale du tableau : «<I>L'argent qui écrase les uns pour le confort des autres ne comblent pas la solitude ni le néant de cette vie. Là est l'obscénité.</I>» Quel est le rapport de cette phrase avec ce que le tableau  montre ? Quoi, dans le tableau, suggère que cet homme éprouve un sentiment de solitude ? Quoi suggère que sa vie est un néant ?<br />
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L’obscénité, c’est le caractère de ce qui est choquant, impudique. Il est clair que le mot ne convient pas ici, même si on le prend au sens plus large de <I>choquant</I>, car cette affirmation «<I>L'argent qui écrase les uns pour le confort des autres ne comblent pas la solitude ni le néant de cette vie.</I>» ne s’applique en rien à ce que le tableau montre.<br />
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Que des aspects de la société américaine présentés dans certaines peintures de Fischl relèvent de l’obscénité, dans le sens précis du mot, et dans son sens élargi, c’est incontestable. Mais ce n’est pas le cas ici.<br />
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Le camarade donne l’impression de ne pas avoir regardé ce tableau, et d’y projeter sans raisons véritables quelques connaissances très générales relevant de clichés …<br />
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]]></content:encoded><link>http://blog.apax.gayattitude.com/20091209194541/-regarder-la-peinture/</link><dc:creator>Apax</dc:creator><dc:date>2009-12-09T19:45:41+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20091129183631/-sur-une-photo/"><title>  SUR  UNE  PHOTO</title><description>






Je suis tombé sur cette photo, un autoportrait de Claude Lévi-Strauss en 1935, dans un magazine où elle illustrait un article consacré à l'anthropologue récemment disparu.

Aussitôt j'ai aimé cette photo : l'attention y est tout de suite captivée par le sérieux du visage, que soulignent les lunettes et la barbe fournie : sous d'ombreux sourcils, les yeux fixent l'objectif sans sourire, d'un air tranquille, sûr de soi,  - mais dépourvu d'orgueil. 

Son front est largement éclairé par le soleil. Ses cheveux courts, relevés devant, brillent un peu.

La chemise, légèrement froissée, a le col ouvert. L'homme tient dans sa main gauche relevée un tout petit singe, à la tête arrondie. Le petit animal s'agrippe à la chemise de l'homme, comme s'il voulait grimper sur son épaule.

Le  punctum  de cette photo (pour reprendre ce mot employé par Roland Barthes dans La Chambre claire )   - autrement dit ce qui me  point , ce qui me touche au plus intime, est cet avant-bras nu levé, velu, que la main prolonge en un geste d'une élégance extraordinaire : par deux doigts réunis et le majeur écarté, l'homme tient avec tendresse contre son épaule le petit singe (qui semble friand de ce contact physique),  - et penche à peine la tête à gauche pour l'accueillir dans son cou.

Image d'une tendresse magnifique pour l'Autre.



</description><content:encoded><![CDATA[<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20091129-975146014b12afd1d3067.jpg" width="578" height="600" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Je suis tombé sur cette photo, un autoportrait de Claude Lévi-Strauss en 1935, dans un magazine où elle illustrait un article consacré à l’anthropologue récemment disparu.<br />
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Aussitôt j’ai aimé cette photo : l’attention y est tout de suite captivée par le sérieux du visage, que soulignent les lunettes et la barbe fournie : sous d’ombreux sourcils, les yeux fixent l’objectif sans sourire, d’un air tranquille, sûr de soi,  - mais dépourvu d’orgueil. <br />
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Son front est largement éclairé par le soleil. Ses cheveux courts, relevés devant, brillent un peu.<br />
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La chemise, légèrement froissée, a le col ouvert. L’homme tient dans sa main gauche relevée un tout petit singe, à la tête arrondie. Le petit animal s’agrippe à la chemise de l’homme, comme s’il voulait grimper sur son épaule.<br />
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Le <I> punctum </I> de cette photo (pour reprendre ce mot employé par Roland Barthes dans <I>La Chambre claire </I>)   - autrement dit ce qui me <I> point </I>, ce qui me touche au plus intime, est cet avant-bras nu levé, velu, que la main prolonge en un geste d’une élégance extraordinaire : par deux doigts réunis et le majeur écarté, l’homme tient avec tendresse contre son épaule le petit singe (qui semble friand de ce contact physique),  - et penche à peine la tête à gauche pour l’accueillir dans son cou.<br />
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Image d’une tendresse magnifique pour l’Autre.<br />
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]]></content:encoded><link>http://blog.apax.gayattitude.com/20091129183631/-sur-une-photo/</link><dc:creator>Apax</dc:creator><dc:date>2009-11-29T18:36:31+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.apax.gayattitude.com/20091125174125/-matin-ensolleille-succulentes/"><title> MATIN ENSOLLEILLE  (SUCCULENTES) </title><description>







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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/p/apax/20091125-121975444b0d5c4d35e05.jpg" width="650" height="488" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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