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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

02/06/2008

02/06/08 - 23:12

FRIEDRICH : L'ETOILE DU SOIR (c. 1830-35)






L'Etoile du soir (c. 1830-1835, 32.2 x 45, Francfort, Freies Deutsches Hochstift)



Une mère, sa fille, et son fils rentrent.

C'est le soir, de longues nues presque immobiles s'étirent et stratifient le ciel orangé. A l'horizon, deux rangs de peupliers s'alignent mélancoliquement.

C'est l'automne, ils longent des champs labourés, - un peu fatigués, leur pas se ralentit.

Ils sont arrivés en haut d'une colline, d'où ils redescendront vers Dresde cachée plus bas, derrière.

Ils connaissent cet endroit d'où l'on domine la ville au retour, s'y arrêteront un instant pour embrasser d'un tendre regard le panorama des maisons, des bâtiments et des églises qui s'élèvent dans le crépuscule jusqu'à leur hauteur.

Le garçon s'est détaché du groupe, a couru en avant, exulte, et tenant sa casquette à la main, les bras levés, empli de joie, il salue sa ville.





Collines et champs, près de Dresde ( 1824, 22.2 x 30.5, Hambourg, Kunsthalle)



commentaires

03/06/08 - 22:52

Mais dans Collines et champs, près de Dresde – ces arbres et ces corbeaux me gênent : ils donnent à l’ensemble un côté « peinture naïve »...

03/06/08 - 23:16

Amusante, cette suite de figures verticales sur la ligne d'horizon du n°1. De la même façon, on ne déteste pas (euphémisme) les aplats de couleur et les contrastes du n°2.

15/06/08 - 00:58

Merci, Apax, pour ce parallèle. Je ne connaissais pas L'Étoile du soir. L'autre est un tableau qui me touche très profondément depuis que je l'ai découvert, autrefois. Je n'avais jamais envisagé ces éléments de "peinture naïve" dont parle l'averti jeune homme au bonnet rouge, mais je comprends bien ce qui peut gêner là.

En fait, je crois que je suis d'abord sensible à cette Dresde dérobée, à cette fleur de civilisation masquée par ce que la campagne a de plus immédiat. Le labour au premier plan, avec ces oiseaux de crépuscule, je l'associe plutôt à la mort, en fait, et s'il faut lire une "signification" du tableau, j'y verrais 3 plans successifs : la glèbe où s'enterrent les morts et où germent les plantes, les arbres qui portent des fruits, la ville où fleurit la civilisation. Mais en écrivant cela, j'intellectualise sans doute trop les choses ;-) En tout cas, j'associe ce tableau au sentiment de la fraîcheur du soir qui tombe. "Kühl", disent les Allemands. C'est peut-être une aurore, pourtant. Mais non, pour moi, avec ces oiseaux noirs, cette glèbe, c'est un jour qui fuit, c'est le crépuscule évoqué dans la Passion selon saint Matthieu : "Am Abend, da es kühle ward".

Ce qui me séduit de toute façon, c'est ce "cadrage" de la ville dont on ne voit qu'une partie, et c'est un peu de ce plaisir que me procurent les tableaux représentant une fenêtre qui restreint la nature extérieure (exemples chez Friedrich, bien sûr).

Merci encore.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13