J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

16/04/2008

16/04/08 - 18:01

LIRE ROLAND BARTHES N'EST PAS TRISTE (SUITE)







Deux ou trois raisons pour lesquelles j'ai publié avant-hier ces fragments d'Incidents :

Dans celui-ci : " Selam, vétéran de Tanger, s'esclaffe parce qu'il a rencontré trois Italiens qui lui ont fait perdre son temps : "Ils croyaient que j'étais féminine !" "
: l'attribut "féminine " du sujet " je" désignant Selam m'avait fait éclaté de rire, comme, plus loin, la parenthèse " (Mohammed Gymnastique) ".

Tout ce passage " Cependant que le petit Mohammed me récite des vers qu'il vient de composer (à moins que ce ne soit du Sully Prudhomme), je pense fortement en moi-même qu'il est très heureux que je l'aie rencontré, car je vais lui demander d'aller m'acheter une livre de tomates chez l'épicier voisin. " est délicieux, surtout " je pense fortement en moi-même qu'il est très heureux que je l'aie rencontré," - et, vu la situation poétique , la surprenante et si cocasse raison de ce bonheur : " car je vais lui demander d'aller m'acheter une livre de tomates chez l'épicier voisin ".

Cela dit, mon fragment préféré reste le suivant : " A Ito, en face d'un paysage très vaste et très noble, l'un de nous donne par plaisanterie (combien soulignée) une image de femme nue (d'un Play Boy quelconque) au jeune Moha, vendeur de pierres : sourire, réserve, sérieux, distance du garçon : c'est lui qui maîtrise une scène d'abord destinée à l'abêtir ; l'hystérie de l'autre reste là : en quenouille." : s'y révèlent toute la sensibilité, le discernement, la délicatesse de cet écrivain, - toute son humanité, inséparable d'une grande intelligence aiguë.
Et d'un autre côté (opposée à la dignité du garçon), la bêtise épaisse et la lourdeur du plaisantin.



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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13