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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

18/01/2008

18/01/08 - 21:40

L'INSTANT N'EN FINIT PAS (I)






Vu la semaine passée à Metz l'exposition du FRAC-Lorraine : L'instant n'en finit pas.

Le titre d'abord me plaisait par la juxtaposition impertinente du nom instant qui évoque la brièveté et la fugacité du temps, - et du groupe verbal n'en finit pas qui lui, par contre, suggère une durée inépuisable …

Une œuvre de la collection est l'emblème de l'exposition : Sand Piece (1979) de l'américain Paul Kos. Cette oeuvre conceptuelle requiert 1.2 tonne de sable de Nemours, un beau sable blanc presque blond entassé à l'étage et qui s'écoule (par un tube de laiton d'un peu plus 2 mm de diamètre traversant le plancher) au rez-de-chaussée où il forme un large cône. L'espace de l'exposition devient lui-même sablier.

La réalisation possède un caractère esthétique certain : le regard s'arrête, fasciné par l'extrême finesse de ce sable, sa couleur sous la lumière, - et surtout l'infime transformation du tas d'en haut qui se creuse par de minuscules avalanches de grains glissant vers le centre, - tandis qu'au rez-de-chaussée le mince écoulement s'amasse en un cône que d'imperceptibles glissements de terrain sur les pentes élargissent …








L'exposition présente aussi de nombreuses œuvres de Patrick Neu, très séduisantes. D'abord 18 verres en cristal dont l'artiste a recouvert en partie la surface interne de noir de fumée, sur lequel il a reproduit des œuvres, - comme Les Demoiselles des bords de la Seine de Courbet, L'enlèvement des Sabines de David, ou la Mélancolie de Dürer (qui paraît encore plus étrange dans cette matière où le trait est le noir de fumée évidé), - parfois des motifs comme ce démon emportant un damné du Jugement dernier de Michel-Ange (et le groupe semble traverser l'espace du verre), ou le torse du Centaure mourant de Bourdelle, qui prend un relief mystérieux, - sorte de fantôme souffrant emprisonné dans le verre …








Mais ces œuvres, valeurs sûres de l'histoire de l'Art, inscrites ici dans le noir de la suie, malgré la transparence brillante du cristal qui semble les protéger, ne montrent que leur frêle dessin éphémère et rappellent ainsi la vanité de tout…

Autre image étonnante de ce thème : un napperon de pâtisserie calciné, dont la précieuse dentelle noire presque réduite en cendre paraît si fragile qu'un courant d'air pourrait l'anéantir, - sur le fond noir duquel est reproduit d'un fin trait blanc le Christ mort d'Holbein.






commentaires

18/01/08 - 21:46

beaucoup de symbolisme dans son art

18/01/08 - 23:20

pièces de musée - très kitsh ;O)

18/01/08 - 23:26

magnifique. J'aime cet état de grâce procuré par l'éphémère durée de vie possible de ces oeuvres.

19/01/08 - 05:58

j'aime bien le FRAC de Metz, un bel endroit pour souvent un art "pointu"

20/01/08 - 11:13

C'est jusqu'à quand ?

20/01/08 - 13:05

Jusqu'au 9 Mars 2008.

24/01/08 - 06:18

il n'y a malheureusement aucune chance pour que je vois cette exposition et c'est d'autant plus dommage que tes deux billets m'y pousserait bien volontiers.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13