SUR 4 AUTOPORTRAITS DE COURBET (IV)
L'homme à la pipe (c. 1849, Montpellier, Musée Fabre) (IV)
Cet autoportrait a un petit format : 46 cm x 38 cm, en sorte que le spectateur se trouve confronté au plus près avec le visage de l'artiste.
Les larges paupières sont à demi baissées, - laissant le regard dans l'ombre, peut-être absorbé par la rêverie intérieure. Les lèvres surtout, avancées et serrées, montrent une moue résignée, malgré la détermination du visage, très structuré … La chevelure est négligée, la barbe clairsemée, comme si l'artiste était désormais plus soucieux de traduire dans sa peinture son intériorité.
Il n'y a là ni paysage, ni mise en scène théâtrale (comme dans
Le Désespéré ) : à gauche, le simple rougeoiement crépusculaire de l'horizon. Le visage est offert à la lumière, qui fait briller le front et l'arête du nez (comme dans
L'homme blessé ), - ainsi qu'un bout du col ouvert de la chemise blanche.
L'homme à la pipe semble un aboutissement où l'artiste, ayant assimilé ce qui lui convenait de la peinture hollandaise et de l'espagnole, donne une image de lui-même manifestant l'indépendance qu'il a conquise : le front est toujours en arrière (comme dans
Courbet au chien noir ou dans
L'homme blessé) - mais l'effronterie est tempérée par un soupçon de mélancolie, que renforce la ligne descendante de la pipe vers la droite.
Ce portrait a eu tout de suite beaucoup de succès. Dans une lettre à Bruyas, Courbet, prétend l'avoir refusé à Napoléon III, qui lui en proposait 2000 francs, - pour se féliciter d'ailleurs que ce soit son ami qui l'ait acquis.
Peut-être Courbet a-t-il repris pour ce portrait le visage d'un superbe fusain (
Jeune homme assis , c. 1847, Paris, Musée d'Orsay) où l'artiste, dans une mise en page très dynamique, se représentait assis à son chevalet.
29/12/07 - 05:14
Une bouche à pipe (une vraie !!)
Merci pour cette série Courbet. Au musée d'Ornans, il y a des reproductions de ses toiles du Louvre, c'est assez étrange de voir ça dans un musée. La maison est belle. Mais le plus beau, c'est cette vallée qu'il a arpentée. Très fraîche en été. Et quand on a bien marché, on peut se restaurer : la truite au vin jaune, la croûte aux morilles, tout ça.
hercule