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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

28/12/2007

28/12/07 - 21:12

SUR 4 AUTOPORTRAITS DE COURBET (IV)







L'homme à la pipe (c. 1849, Montpellier, Musée Fabre) (IV)



Cet autoportrait a un petit format : 46 cm x 38 cm, en sorte que le spectateur se trouve confronté au plus près avec le visage de l'artiste.

Les larges paupières sont à demi baissées, - laissant le regard dans l'ombre, peut-être absorbé par la rêverie intérieure. Les lèvres surtout, avancées et serrées, montrent une moue résignée, malgré la détermination du visage, très structuré … La chevelure est négligée, la barbe clairsemée, comme si l'artiste était désormais plus soucieux de traduire dans sa peinture son intériorité.

Il n'y a là ni paysage, ni mise en scène théâtrale (comme dans Le Désespéré ) : à gauche, le simple rougeoiement crépusculaire de l'horizon. Le visage est offert à la lumière, qui fait briller le front et l'arête du nez (comme dans L'homme blessé ), - ainsi qu'un bout du col ouvert de la chemise blanche.

L'homme à la pipe semble un aboutissement où l'artiste, ayant assimilé ce qui lui convenait de la peinture hollandaise et de l'espagnole, donne une image de lui-même manifestant l'indépendance qu'il a conquise : le front est toujours en arrière (comme dans Courbet au chien noir ou dans L'homme blessé) - mais l'effronterie est tempérée par un soupçon de mélancolie, que renforce la ligne descendante de la pipe vers la droite.

Ce portrait a eu tout de suite beaucoup de succès. Dans une lettre à Bruyas, Courbet, prétend l'avoir refusé à Napoléon III, qui lui en proposait 2000 francs, - pour se féliciter d'ailleurs que ce soit son ami qui l'ait acquis.

Peut-être Courbet a-t-il repris pour ce portrait le visage d'un superbe fusain ( Jeune homme assis , c. 1847, Paris, Musée d'Orsay) où l'artiste, dans une mise en page très dynamique, se représentait assis à son chevalet.





commentaires

29/12/07 - 05:14

Une bouche à pipe (une vraie !!)

Merci pour cette série Courbet. Au musée d'Ornans, il y a des reproductions de ses toiles du Louvre, c'est assez étrange de voir ça dans un musée. La maison est belle. Mais le plus beau, c'est cette vallée qu'il a arpentée. Très fraîche en été. Et quand on a bien marché, on peut se restaurer : la truite au vin jaune, la croûte aux morilles, tout ça.

29/12/07 - 11:03

"La truite au vin jaune, la croûte aux morilles, tout ça." : on vous reconnaît là, Hercule !

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13