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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

08/07/2007

08/07/07 - 23:02

SAMUEL PALMER (1805-1881) (I)





Cornfield by moonlight , c. 1830, 19.7 x 25.8, The british Museum.



Muni d’un long bâton, coiffé d’un chapeau à large bord, un homme passe avec son chien par les champs moissonnés.
La lune s’est levée sur la colline et brille (ainsi que l’étoile du soir plus loin) illuminant les gerbes de blés en tas.

Ce dessin de Samuel Palmer tout empreint de poésie champêtre m’a rappelé l’époque où j’allais chez des amis en Angleterre plusieurs fois par an. Ils vivaient en communauté dans le Kent, à Ramsgate. C’est chez eux, en feuilletant les livres de P. que j’ai découvert l’œuvre de cet artiste avant d’en voir une exposition au Victoria & Albert Museum.




Autoportrait, 1824-1825, 22 x 29, Oxford, The Ashmoleam Museum.



Samuel Palmer (1805-1881) se rattache au mouvement Romantique. Il se révèle très tôt brillant dessinateur au point d’exposer à la Royal Academy à l’âge de 14 ans.

Pourtant il n’aura pas de formation académique à strictement parler : grâce au peintre John Linnell qui l’a conseillé, il rencontre William Blake dont l’art visionnaire le marquera.

Egalement sensible à la poésie pastorale de Virgile et de Milton, il se retire à la campagne dans le Kent, à Shoreham, - dont les paysages de collines ont nourri la première partie de son œuvre.




Early morning, 1825, 23.2 x 18.8, Oxford, The Ashmoleam Museum.



La nature en effet y est fortement présente, comme dans De bonne heure : le chêne au tronc énorme (dont l’ample feuillage ombrageux s’étend sur le quart supérieur gauche) est solidement campé, - et contraste avec les troncs minces de bouleaux et d’autres essences aux feuillages variés. Sur le chemin qui monte un lièvre déguerpit. Entre deux collines, à demi cachés, se trouvent quatre personnages (dont deux femmes) semblant bavarder, si intégrés au paysage qu’on les en distingue à peine.

La perspective est comme écrasée. L’image abonde en détails que le regard attentif découvre avec bonheur : fougères, tronc d’arbre coupé, toit arrondi d’une chaumière qui se confond avec les collines, et même au loin les branches horizontales d’un cèdre.

Quelques excursions avec mes amis m’avaient fait découvrir le Kent, et j’étais frappé par la végétation méditerranéenne de cette région, précisément par les nombreux cèdres et les araucarias, - que j’avais déjà remarqués dans l’œuvre de Palmer, et considérés alors comme une marque d’exotisme biblique. Mais c’étaient les arbres et les paysages que Palmer voyait autour de Shoreham.




The valley thick with corn, 1825, 18.2 x 27.5, The Ashmoleam Museum.



A Ramsgate, les toilettes de la maison étaient pour moi un lieu d’émerveillement - entièrement tapissées de reproductions de tableaux, découpées dans des revues que P. avait juxtaposées selon des rapprochements formels ou significatifs amusants.

Ainsi l’Olympia de Manet côtoyait Le Vallon regorgeant de blé, - un dessin dont les nombreux détails (que des traits de plume épais cloisonnent comme dans l’art du vitrail) forment un paysage suggérant l’harmonie, l’abondance et la fertilité : entouré de lourds épis de blé, au milieu du premier plan un homme allongé se reposant, médite et lit, la tête appuyée sur le coude.

A gauche, des gerbes sont debout, et sous un arbre au feuillage luxuriant, un berger joue un air, parmi ses moutons, dont trois se désaltèrent ; plus haut, une toute petite charrette tirée par un cheval monte au sommet de la colline.

Au centre deux personnages s'éloignent dans le vallon. Deux vaches se déplacent dans un pré. A droite au-delà s’étagent des champs de blé mûr.


On aperçoit plus loin l’église entre des collines. L’orbe énorme de la pleine lune, derrière la pointe du clocher veille sur le vallon dont la plénitude harmonieuse évoque sûrement quelque scène de la Bible.

commentaires

08/07/07 - 23:15

Cornfield by moonlight " est un tableau qui me plait beaucoup. Merci de me (nous?) le faire connaître.

08/07/07 - 23:42

Jamais vu ces oeuvres auparavant. Belle découverte. L'autoportrait est saisissant. Il est beau.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13