NUITS
Jean-François Millet, La nuit étoilée, c. 1855-1867, 65 x 81, New Haven, Yale University Art Gallery.
Monter le chemin dans le clair-obscur silencieux. Il y a au bout à l’horizon des lueurs blafardes … Est-ce le jour qui n’en finit pas de mourir comme en été ?
Ou l’aube qui se lève ?
Pas un arbre ne bruit, pas un buisson.
On distingue à peine les champs, perpendiculaires au chemin.
Au-dessus de l’horizon, l’immensité du ciel nocturne où scintille l’éparpillement des étoiles.
Deux soudain fendent l’espace en fulgurant.
Van Gogh, La nuit étoilée, 1888-1889, 72.5 x 92, Paris, Musée d’Orsay.
Dans l’obscurité de la nuit provençale, où les étoiles de la Grande Ourse étincellent dans leurs halos, les lumières d’Arles et les becs de gaz le long des berges se reflètent et s’enfoncent en miroitant dans le Rhône.
Le fleuve occupe toute la largeur du tableau (Van Gogh a fait disparaître à gauche la courbe de la rive et l’a rétrécie aussi à droite pour ne plus former qu’une vague pointe à l’avant, où, vers le milieu, trois barques sont amarrées).
Dans la nuit solitaire, passe un couple attardé.
Van Gogh, La nuit étoilée, juin 1889, 73.7 x 92, New York, Museum of Modern Art.
La longue flamme noire du cyprès s’étire et se tord, et plus loin entre quelques maisons, - comme en écho, - s’élève immobile le haut clocher pointu de l’église. Ondulations de rangs d’arbres et, plus larges, de collines.
Ondoyant au-dessus, le fleuve clair de la voie lactée, - et la lune plus haut dans sa gangue frémissante.
Et dans l’infini du ciel outremer déferlement, roulement d’énormes spires lumineuses, incandescences d’astres solitaires.
28/06/07 - 21:50
A Arles où roule le Rhône
pmyim-haayu