J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

22/05/2007

22/05/07 - 21:04

CECI N’EST PAS UN LABYRINTHE.






En commentaire à ma photo du post Parler de soi autrement (Le couloir), Jeanbroc avait laissé une reproduction des Pantoufles de Samuel Von Hoogstraten.
Evidemment ce tableau est en rapport avec la photo.

Lorsque traversant le couloir pour aller de mon bureau à la cuisine, un jour j’en ai remarqué la perspective débouchant plus bas sur la pièce tout éclairée à gauche par une porte-fenêtre, invisible, - j’ai désiré prendre cette vue en photo : j’y trouvais je ne sais quoi de beau …

Je devais avoir présent à l’esprit le tableau de Samuel Von Hoogstraten, dont j’aime l’emboîtement des trois espaces (dont le second, perpendiculaire à la perspective, est aussi un couloir).
Or cet emboîtement mène le regard vers la pièce du fond où la lumière (venant latéralement de la droite) avive et donne aux choses une intense réalité.

Au-dessus de la chaise on aperçoit un tableau qui s’ouvre encore sur un autre espace, fictif celui-là, et représentant une scène d’intérieur (peut-être une « mise en abyme » du sujet des Pantoufles).

Tout s’est passé comme si l’intérieur du tableau de Hoogstraten, en éclairant mon espace quotidien de sa lumière et de son intimité complexe, avait projeté au bout de ce couloir un peu de sa beauté mystérieuse : comme si le plancher clair verni, le fauteuil au piètement métallique, le petit tableau abstrait noir rouge et vert, et les plantes grasses, - en recevaient ainsi une certaine qualité poétique.

Cette vision m’a arrêté.

Et j’ai désiré la prendre en photo.

commentaires

22/05/07 - 22:01

Le tableau du fond du couloir est librement inspiré de cette oeuvre de Terborch, dont le titre érroné date du XVIIIe siècle (en effet il s'agit d'une scène de taverne avec des sous entendus moralisateurs). Goethe était un grand admirateur de cette toile qu'il mentionne dans Les Affinités Electives... il forme une présence/ambsente dans le tableau de hoogstraten, connu pour ses boîtes optiques, trompe l'oeils et autres jeux perspectifs... :-)(J'en ai profité pour vous piquer votre reproduction qui est mieux que la mienne!)

22/05/07 - 22:03

erratum: lire "absence" et non "ambsente"!

23/05/07 - 00:31

Oui, de cette "Conversation galante" de Terborch on retrouve la silhouette féminine dans le cadre, mais aussi la bougie (bancale ?) du chandelier dans l'espace "réel" du tableau, ce qui pourrait renforcer l'idée qu'il y a un lien étroit entre celui-ci et l'"espace" fictif du tableau dans le tableau ...
Et en effet, les mules abandonnées suggèreraient la précipitation de l'épouse infidèle à accueillir un amant ...

23/05/07 - 12:38

Terborch, le Messager - à moins qu'il ne s'agisse de celle-ci, qui reçoit une lettre galante... encore qu'en regardant la reproduction de plus près au moment ou je le poste j'ai des sérieux doutes sur son authenticité... elle sent le XIXe siècle "à la manière de" à plein nez...

23/05/07 - 12:40

Oui, maintenant que je le regarde sur l'écran je suis certain qu'il s'agisse d'un faux du XIXe siècle même assez maladroit... je suis désolé apax, je me suis fait avoir!

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13