J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

12/04/2007

12/04/07 - 21:09

FRAGMENTS D’UN DISCOURS MELANCOLIQUE (3)


Sur le quai il avait lancé d'un air moqueur que nous allions avoir maintenant une vraie correspondance



Je me souviens de phrases frêles dites précipitamment



D'abrupts silences



Ses yeux étaient incessamment distraits


Quand j'étais entré dans le bateau j'avais éclaté en sanglots je m'étais retourné une dernière fois il était encore là j'avais fait un petit signe de la main il y avait répondu



Je l'apercevais là-bas près de la voiture dont le capot était levé il était penché sur le moteur



Il avait démarré était parti



Le bateau dans la baie de souda partait



Je suivais des yeux la côte je nommais kalyves plaka sur la cime éloignée ne voyais plus kéfalà



Des lumières scintillèrent la nuit venue



Obscur l'aimé rivage au loin sombrait



Longtemps je regardai éperdu

commentaires

14/04/07 - 06:33

belle écriture, et si belle que je préfère me résoudre à t'en dire la beauté plutôt que de broder bêtement sur, manifestement, l'intelligence de l'expression

14/04/07 - 11:07

Merci, Patrick.
Suis touché de ton attention.

15/04/07 - 00:38

Preuve une fois encore que le fragment a partie liée avec la perte: la mémoire est fétichiste.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13