J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!) Je regarde : souvent une photo Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens Je joue : non Je mange : oui, bien sûr Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc) Je cite : pas Je pense : aux uns, aux autres Je rêve : oui (mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59) |
18/03/2007L’AIGLE NOIR (SAMEDI 17 MARS 2007)
Hier matin partant à mon travail (le samedi c’est tranquille, presque personne sur la route, presque personne en ville, je mets moins de 20 minutes alors que d’habitude plus de 30, ciel gris, il bruine, j’écoute le cd de Bénabar que B. m’a gravé.
J’aime bien ses textes, humour fin, c’est malin, poétique …
Mais la première fois que je l’avais écouté, je m’étais dit que la voix est un peu pépère, gentiment terne … Même si ensuite j’avais remarqué qu’elle est bien maîtrisée, et même parfois virtuose.
Je m’étais rappelé la première fois quand, adolescent, j’avais entendu un 45 tours de Barbara (« Nantes ») qu’un ami m’avait prêté … Je découvrais une voix passionnée, aussi puissante que frêle … Et tout ce qu’une voix peut exprimer de sensibilité vibrante … Et surtout les inflexions, ces glissandi où la voix semble s’évanouir sous le coup d’une émotion trop forte, avant de se ressaisir, superbe et parfois cinglante …
J’ai tout de suite aimé la voix et les chansons de Barbara. Tout de suite ses textes m’ont touché par leur qualité.
Je me souvenais aussi de son dernier cd sorti en 96 … D’abord j’avais été atterré par la voix qui me semblait abîmée, plus tendue, moins nuancée, - qui n’avait plus cette souple finesse que je lui avais connue autrefois … Mais les textes étaient bouleversants … Dès le premier titre « Il revient », j’étais saisi par le rythme haletant, obsédant. Plus loin, dans « Le couloir », Barbara évoque le monde poignant de l’hôpital : Dans le couloir / Il y a des anges / En sandales / Et en blouses blanches / Qui porte accroché / Sur leur cœur / La douceur de leur prénom.
Alors l’après-midi je suis allé à la Fnac, et me suis acheté un cd de Barbara, une compile avec « Nantes », « L’aigle noir », « Göttingen » … (Comme j’ai aimé cette chanson ! …).
Le soir je l’ai écouté … Tellement heureux de retrouver cette voix si belle, si intense, si riche dans ses intonations, - et ces paroles qui n’ont rien perdu de leur poésie … Je redécouvrais cette chanson où discrètement accompagnée par Michel Portal au saxo, sa voix murmure en fredonnant, rêveuse : Il pleut … Il pleut … Sur les jardins alanguis / Sur les roses de la nuit / Il pleut. J’avais oublié qu’elle s’intitulait « Pierre ».
Voix merveilleuse de Barbara, qui peut être ensorcelante, violente, ou si fragile …
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| Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi. Montaigne, Essais, III, 13
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18/03/07 - 21:34
En concert, Barbara était étonnante et troublante d'énergie et de fragilité mêlées.
griffin