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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

14/03/2007

14/03/07 - 21:17

SIGNE : POISSONS




Le symbole de ce signe figure deux poissons accolés et reliés par une sorte de cordon de gueule à gueule mais disposés en sens contraires. Cette dualité contradictoire m’a souvent paru correspondre à ces tiraillements qui, par exemple, m’empêchent de prendre une décision franche, et me laissent dans l’irrésolution.

Je reste fasciné par les formes et les couleurs des poissons et leurs évolutions derrière les vitres d’un aquarium. Couleurs précieuses. Dynamique nerveuse et fluidité des mouvements.

Mais toucher un poisson me fait horreur, tout comme son odeur me dégoûte. Il me serait impossible de manger du poisson cru. Je n’en apprécie la chair qu’entièrement dénaturée : panée et frite, ou accommodée d’une sauce au safran, par exemple.

J’ai manqué me noyer une première fois adolescent dans la piscine municipale. Je ne savais pas nager. J’ai glissé à la limite des deux bassins, dans celui où l’eau était plus profonde.
Je me suis affolé, m’enfonçant, remontant à la surface, avalant beaucoup d’eau en voulant crier, enfin restant au fond, sentant mes mollets se contracter, pensant alors que c’était vraiment absurde de mourir noyé dans une piscine.
Le maître-nageur m’expliqua qu’il m’avait assommé pour pouvoir me remonter sans que je me débatte. Ayant repris connaissance, j’étais surtout sensible au slip de bain et aux cuisses musclées du maître-nageur.
Mon père avait tenu à ce que je retourne à la piscine dès le lendemain.
Au moins j’y revoyais le maître-nageur.

Et peu à peu j’ai appris à nager, et même à y prendre plaisir, - malgré mon appréhension de l’eau éclaboussée sur le visage qui me coupe aussitôt le souffle.
Ainsi en Angleterre et en Crète j’aimais gagner le large et m’y prélasser seul.

Un jour d’été 80, en Crète, j’ai failli me noyer une seconde fois. J’étais au large, j’ai voulu rejoindre la plage.
J’ai senti soudain ma respiration s’amoindrir au fur et à mesure que j’avançais. J’ai cru que je ne parviendrais pas à atteindre le bord, j’ai appelé au secours, personne n’a réagi, ma respiration était presque bloquée. Soudain j’ai eu pied, j’étais sauvé.

Le lendemain, non sans appréhension, j’ai voulu me baigner. Dès que je n’avais plus pied, le symptôme respiratoire reprenait, avec la même angoisse. J’ai rejoint le bord.

Je n’ai plus jamais nagé depuis.

Mon médecin, à qui je confiais ces symptômes, m’a répondu que je devrais songer à me réconcilier avec l’eau.
Je commence, - en me mettant la tête sous la douche (ce qui m’était impossible auparavant) et en laissant l’eau ruisseler sur mon visage.
Je commence à trouver cela agréable.

Mais dimanche dernier, comme j’avais décidé de reprendre l’autoroute Metz-Nancy, après plus de deux ans où je m’abstenais de la prendre (je ne supportais plus le second passage enjambant la Moselle juste avant le grand virage de Custine - et à peine le premier), - malgré le beau temps, l’absence de tout camion, la présence amicale de J-L à mon côté, j’ai franchi le premier pont en ne cessant de ralentir, et j’ai dû m’arrêter juste après et céder ma place, l’angoisse était trop violente.

commentaires

14/03/07 - 21:36

Ca valait bien la peine de se faire chier à taper un truc que personne ne va lire.

14/03/07 - 21:47

moi je l'ai lu.
j'ai eu un truc un peu moins lourd mais tout aussi bizarre. pendant 6 mois, suite à un dérapage sur la neige, j'ai été incapable de conduire sous la pluie sans paniquer, et incapable de prendre un virage à gauche sans froler la crise cardiaque à chaque fois (même sur l'autoroute).
j'ai évacué ça en écrivant dans le détail les angoisses et les raisons, et c'est passé assez vite ensuite.

15/03/07 - 01:51

Peur de perdre pied, dirait un psy qui n'aurait jamais manqué se noyer. Poisson(s) comme toi, j'adore l'eau et songe souvent à mourir noyé. Ce n'est pas totalmt antinomique : ce qu'on désire est souvent aussi ce que l'on craint le plus.

15/03/07 - 06:34

le poisson était le signe de reconnaissance des chrétiens

15/03/07 - 19:41

Ronans, tu as certainement raison ...

Tontonzig, c'est autre chose, mais j'aime beaucoup l'histoire de Jonas enfermé durant trois jours et trois nuits dans les entrailles du grand poisson ... Image de l'épreuve, du lieu de l'angoisse (terrible l'enfermement !) du passage de la "mort" à la vie ...

06/04/07 - 11:54

Heureusement que je suis au sein d'un groupe qui à pour thème la politesse !!!.....

(je n'en dirais pas plus)

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13