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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

11/12/2006

11/12/06 - 21:36

MELANCOLIE II : RON MUECK, SANS TITRE (GROS HOMME)








L’an passé j’avais visité au Grand Palais l’exposition intitulée La Mélancolie, - exposition superbe qui m’avait passionné autant par son thème que par la variété étonnante des œuvres qu'elle montrait.

A l’extrémité du parcours, presque isolée, se trouvait une œuvre de Ron Mueck : un gros homme nu assis, tassé dans un coin, prostré.

Ce qui m’a d’abord fasciné dans cette sculpture, c’est le matériau : de la résine de polyester pigmentée sur fibre de verre, d’un rose jaunâtre : l’effet de réalité qu’il produit est confondant : la texture de la peau enveloppant la chair y est perceptible sous tous ses aspects : fermeté, mollesse, douceur, rugosité, avachissement, - en sorte que ce grand corps d’homme possède une présence physique extraordinaire.

Celle-ci est encore accrue par l’échelle monumentale de l’œuvre : 2,03 m x 1,20 m x 2,04 m, dont la puissante masse compacte impose au spectateur la nudité crue de ce corps, qui suscite un vague malaise.

Cette figure de la mélancolie est bien différente du génie ailé de Dürer. Elle parle de notre temps.

Contracté sur lui-même, les jambes repliées, tête baissée appuyée contre son poignet gauche, le gros homme donne à voir sa réalité physique dans ce qu’elle a d’absolument vrai, loin de toute idéalisation, et même de toute stylisation : sa trivialité, - une des réalités de la société contemporaine. Cela est dérangeant, car d’ordinaire, on ne veut pas voir le corps tel qu’il est, - ni la dépression qui s’ensuit.

Et ce qui me plaît dans cette œuvre, outre sa force psychologique impressionnante, c’est le regard noir, oblique.

Regard noir, plein d’une farouche rancœur.








commentaires

11/12/06 - 21:57

une oeuvre saisissante, ce qui m'avait impressionné le plus (au delà de la taille) c'était le réalisme des ongles !

12/12/06 - 18:50

j'ai vu au palais grassi un petit garçon agenouillé; il était de dos et regardait le mur. quand je me suis approché pour regarder son visage, j'ai reconnu hitler. je crois qu'il s'agit du même artiste mais j'oublie toujours les noms.

08/04/08 - 00:59

C'est impressionnant! très réaliste!

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13