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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

12/11/2006

12/11/06 - 21:04

REMBRANDT, « LES TROIS ARBRES », 1643 (21.3 x 27.8 cm)









« Les Trois arbres » constituent certainement le plus beau paysage que Rembrandt ait gravé à l’eau forte.

L’atmosphère y est étonnante : en haut nuées noires annonçant l’orage, à gauche oblique rideau de pluie s’avançant, striant une vaste agitation nuageuse. La lumière est brassée, bousculée, - orchestrant un spectaculaire clair-obscur. Et dans ce théâtre météorologique, - le vol en triangle d’oiseaux migrateurs très haut dans le ciel semble symboliser le passage même du temps.

Au premier plan à gauche, au bord de l’eau, un homme debout pêche ; sa femme est assise tout près. A droite s’élève en pente douce la butée d’une digue, sur laquelle se dressent à contre-jour trois arbres aux feuillages agités par le vent. Juste derrière, on discerne un village blotti au creux d’un vallon, et sur l’horizon on voit partir vers la droite une charrette (transportant des gens) attelée d’un cheval, et suivie d’un individu muni d’un long bâton. Et plus haut à droite, isolée, la minuscule silhouette d’un homme assis dessinant.

A gauche la plaine s’étend largement : dans les champs, au fur et à mesure qu’il s’éloigne le regard discerne des vaches, leur gardien, un cheval, - et tout au loin par-delà des bois une ville : Amsterdam, dont on devine tours, moulins et clochers d’églises à peine esquissés.

Toutes ces menues activités humaines, qui jalonnent l’espace ouvert et en mesurent les distances, m’émeuvent.

Surtout le petit dessinateur tourné vers la lumière à droite.

commentaires

13/11/06 - 06:21

on va dire du dessin de rembrandt qu'il est monstrueusement sophistiqué ou encore que sa perfection fait se poser des questions sur la nature de l'homme même qui le conçoit.quant à ces boréades que tu écoutes encore et encore pourrais-tu m'en dire plus, plus et davantage, rameau restant pour moi à la fois passionnant mais aussi un peu "long" ( je pense à ces "expositions" dans Platée notamment que j'avais écouté à l'opéra l'année dernière )

13/11/06 - 13:03

Tant d'espace, de calme et de mouvement sur un petit bout de papier ! et tout ça m'appartient quand je regarde cette eau forte.

13/11/06 - 15:01

> Patrick
Les Boréades : j'en aime la variété, la fantaisie, les timbres, certains airs ("L'amour embellit nos vies ..."), les rythmes ...

> Preston : Tu saisis exactement ce qui nous est donné dans cette gravure. Je vais essayer de mettre un lien pour que l'on puisse avoir un agrandissement de toute la gravure.

13/11/06 - 19:05

Pour sortir de Rameau 5 min! ;-) http://

13/11/06 - 20:28

De Rameau, j'aime surtout du début jusqu'à la fin les Indes Galantes et mon rêve serait de voir un tel spectacle sur scène. Quand on pense à ce que Nicolas de Staël en a fait.

20/11/06 - 00:15

Merci pour ces Rembrandt, cher Apax !

Le Musée de l'Albertina à Vienne a une collection fabuleuse de dessins et d'eaux-fortes de lui. Les 3 arbres ne viennent-ils pas de là, d'ailleurs ? À moins qu'il y ait eu des copies, je ne sais plus et je n'y connais rien.

À Vienne, il y a en particulier une Crucifixion et surtout une Résurrection de Lazare saisissantes. Ça fait partie des visites où j'ai le mieux compris, par expérience, ce que Roger de Piles voulait dire en écrivant que le tableau "appelle le spectateur".

20/11/06 - 09:43

> Farnèse :
La gravure justement a permis la reproduction en plus ou moins grand nombre de ces chefs-d'oeuvre : c'est ainsi que la B.N. et le Petit Palais (Collection Dutuit) possèdent un exemplaire des "Trois arbres".

Vraiment, si tu en as l'occasion, vois l'exposition de la B.N. : elle est magnifique et très pédagogique, montrant aussi comment Rembrandt pouvait modifier ses gravures et en produire plusieurs "états". Et ceux de la Crucifixion, sont extraordinaires, car on peut y discerner l'évolution de la pensée de l'artiste vis à vis de son sujet.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13