J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

16/10/2006

16/10/06 - 22:06

LES BARBARES, DE MAXIME GORKI


Vu lundi dernier au Théâtre de Thionville, Les Barbares de Gorki, mis en scène par Eric Lacascade, - une production du CDN de Normandie-Comédie de Caen.

Le spectacle a duré 2 heures 50, sans entracte. Pas une seule fois, je n’ai regardé ma montre. La mise en scène est de bout en bout captivante et sollicite sans cesse l’œil et l’oreille.



La pièce, écrite en 1905, montre la petite société de Verkhopolié, lointaine bourgade de Russie, accueillant deux ingénieurs chargés d’y installer le chemin de fer. Leur arrivée déclenche toutes sortes de bouleversements dans les rapports humains. Vingt personnages ainsi s’affrontent, s’attirent, se rejettent, s’aiment, se haïssent, se découvrent …

Les scènes collectives sont particulièrement réussies : ainsi, par exemple, de ces préparatifs de grande fête, quand les guirlandes électriques s’allument une à une en montant à l’assaut du ciel, avant que n’entre en scène une incroyable fanfare des plus festives.
Eric Lacascade suggère admirablement par les voix l’ambiance de cette fête, comme les murmures continus et bavardages incompréhensibles des petits groupes.

L’intrigue, polymorphe, rebondit sans cesse jusqu’au dénouement tragique. Le spectacle s’achève sur les blessures des uns, le désenchantement des autres, la souffrance solitaire de chacun …
Le tableau n’est pas rose, mais après tout, manifeste une connaissance subtile de l’être humain dans ce qu’il a de fragile et de pitoyable …

J’ai beaucoup apprécié l’énergie que le metteur en scène insuffle au texte, le déroulement dynamique, voire la violence, de l’action, l’intelligence et l’inventivité toujours pertinente des acteurs, - du pur théâtre : on est continûment émerveillé.

commentaires

16/10/06 - 22:28

Tiens, vous êtes de Thionville?! Je fus, très récemment encore, de Hayange.

17/10/06 - 13:04

c'est une chance d'aller au théâtre, c'est une chance qu'à Saumur nous n'avons pas, n'ayant droit qu'à des saisons "culturelles" juste bonnes à donner en pâture aux chevaux de nos fameux manèges MAIS MAIS privilégiés - encore - que nous sommes, nous allons à paris aussi souvent que possible et là, bien sûr, nous emmagasinons jusqu'à plus soif. Gorki, je ne crois n'avoir jamais rien lu ni vu de lui et une pièce avec dix acteurs doit être difficile à bien lire. Moi, mon plaisir c'est de lire le théâtre en allemand, une langue que j'adore et depuis des mois, Elfriede Jelinek me prend à la fois la tête, beaucoup trop de temps mais m'apporte en échange un plaisir presque pareil à celui de mes dessins. Le plaisir, le plaisir comme seul vecteur de ma vie mais je m'étends et embête.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13