LES BARBARES, DE MAXIME GORKI
Vu lundi dernier au Théâtre de Thionville, Les Barbares de Gorki, mis en scène par Eric Lacascade, - une production du CDN de Normandie-Comédie de Caen.
Le spectacle a duré 2 heures 50, sans entracte. Pas une seule fois, je n’ai regardé ma montre. La mise en scène est de bout en bout captivante et sollicite sans cesse l’œil et l’oreille.

La pièce, écrite en 1905, montre la petite société de Verkhopolié, lointaine bourgade de Russie, accueillant deux ingénieurs chargés d’y installer le chemin de fer. Leur arrivée déclenche toutes sortes de bouleversements dans les rapports humains. Vingt personnages ainsi s’affrontent, s’attirent, se rejettent, s’aiment, se haïssent, se découvrent …
Les scènes collectives sont particulièrement réussies : ainsi, par exemple, de ces préparatifs de grande fête, quand les guirlandes électriques s’allument une à une en montant à l’assaut du ciel, avant que n’entre en scène une incroyable fanfare des plus festives.
Eric Lacascade suggère admirablement par les voix l’ambiance de cette fête, comme les murmures continus et bavardages incompréhensibles des petits groupes.
L’intrigue, polymorphe, rebondit sans cesse jusqu’au dénouement tragique. Le spectacle s’achève sur les blessures des uns, le désenchantement des autres, la souffrance solitaire de chacun …
Le tableau n’est pas rose, mais après tout, manifeste une connaissance subtile de l’être humain dans ce qu’il a de fragile et de pitoyable …
J’ai beaucoup apprécié l’énergie que le metteur en scène insuffle au texte, le déroulement dynamique, voire la violence, de l’action, l’intelligence et l’inventivité toujours pertinente des acteurs, - du pur théâtre : on est continûment émerveillé.
16/10/06 - 22:28
Tiens, vous êtes de Thionville?! Je fus, très récemment encore, de Hayange.
griffin