J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

27/09/2006

27/09/06 - 21:07

SOIR DE SEPTEMBRE 2006

monter fermer la fenêtre de la chambre

mais s’accouder à la barre d’appui

regarder le soir descendre et luire

le cil d’or de la lune


laisser échapper une respiration profonde

le polygonum tout en fleurs couleur crème couvrant le toit de l’appentis, comme une débordante mousse légère

sur chacun des deux lauriers-roses reste une fleur

le basilic en pot jaunit

entendre la vague rumeur de l’autoroute qu’on ne voit pas au-delà des arbres, tous ceux qui roulent vers Strasbourg, vers Paris, ailleurs,
et moi je demeure


sentir et respirer l’odeur de terre humide, d’herbes et de feuilles

à gauche au loin clignote l’une des éoliennes qu’on ne voit pas dans la brume montante

fermer la fenêtre, regarder sa montre, il est huit heures moins vingt, on va dîner

commentaires

28/09/06 - 06:21

ne saura-t-on jamais le menu? je connais bien cette autoroute. curieux comme chacun de ces grands axes a une résonnance différente pour qui l'emprunte. celle de saumur à paris pour les week ends prolongés faits d'expos et de bons restaurants , celle qui plus loin s'en va et s'arrête à verdun, l'autre qui au-delà de paris, nous conduit à valenciennes pour visiter la famille de Jacky, enfin cet axe qui au delà de bordeaux nous conduit en hiver vers des villes que nous fuyons pendant l'été...

ne saura-t-on jamais le menu? je suis comme ces mères que la nourriture obsède.

28/09/06 - 23:54

Pour apaiser ton obsession (c'est beaucoup dire, bien sûr !): ce soir-là je dînai d'une moitié d'avocat, d'un émincé de blancs de poulet revenu dans un hachis d'échalote préalablement cuit avec un peu de Sauvignon, le tout mijotant ensuite dans de la crème parsemée de persil ciselé. Cela accompagné d'une salade verte et d'un verre de Fitou. Au dessert, pomme du jardin. Plus tard, un ou deux carrés de chocolat, irrésistible.

Tu parles très bien de cette résonance "poétique" que peuvent avoir dans l'imagination certains itinéraires ...

29/09/06 - 06:31

au bout de la grande rue s'est ouverte une fabrique de chocolat. C'est un tout petit bout de femme qui s'y emploie et régale maintenant le saumurois, tant de son accent de québec d'où elle vient que de ses recettes dont elle nous surprend, palets à la compote de pommes,au citron, au thé Earl Grey, truffes au piment, aiguillettes de gingembre, bonbons de chocolat - en france, on dirait "crottes" - à la fraise, à la framboise, à la cardamone, j'en oublie parce qu'il existe aussi des variétés plus sophistiquées et si abouties que, lorsqu'elle s'emploie à me dire la recette, j'abandonne bien vite l'écoute ou ne retiens que des bribes à l'exemple du dosage savant du vinaigre balsamique dans le bonbon à la fraise, une recherche de plusieurs mois...

29/09/06 - 23:05

Une chocolaterie presque à domicile ! le rêve ! ...

02/10/06 - 22:45

Espace temps
Durée
Paysage
Humidité
Finalement espace poétique.
Merci.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13