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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

07/09/2006

07/09/06 - 22:33

"CEZANNE EN PROVENCE" A AIX (II)

Dans le quatrième espace intitulé « Le Tholonet, Bibémus, Château-Noir », j’ai particulièrement aimé La Carrière de Bibémus (1896-1897 ; 65 cm x 54cm) qui se trouve dans une collection privée, et dont je n’ai trouvé aucune reproduction disponible.



En revanche, voilà une version très proche de ce tableau (c’est en fait la même vue) faisant partie de la Collection Barnes à Merion (Pennsylvanie).

Plus loin, - une autre toile remarquable : Château-noir (1900-1904 ; 73.7 x 96.6 ; National Gallery of Art, Washington) repose sur un contraste violent entre les bleu sombre des arbres et des buissons qui occupent la majeure partie de l’œuvre (et parmi lesquels en bas à gauche s’enfonce un chemin de terre qui mène probablement à Château-Noir) - et le bâtiment ensoleillé, (représenté par Cézanne comme une ruine gothique, - ce qu’il n’était pas en réalité) prolongé à droite par les murs d’une terrasse.
De hautes fenêtres terminées par un arc brisé, emplies de bleu clair, donnent l’impression que l’intérieur s’est effondré.
Les parois, vivement colorées d’ocre, s’opposent aux arbres dont les troncs et les branches sont orientés selon la verticale et l’horizontale (mais très irrégulièrement) produisant ainsi un effet de désordre.
Le bâtiment, très structuré, suggère l’art des hommes ; la puissance organique et désordonnée des arbres évoque la nature.



Cézanne a repris cette vue dans l’œuvre du même nom qui a appartenu à Picasso (et que l’on peut voir habituellement à l’Hôtel « Salé »).
J’ai toujours admiré la sereine monumentalité de cette œuvre, très différente du caractère tourmenté de la précédente : la palette en est beaucoup moins contrastée et le bleu lavande y domine en de nombreuses tonalités. La bâtisse de Château-Noir est disposée plus haut, et se découpe cette fois sur le ciel, en sorte qu’elle paraît plus imposante.
Les bois dont elle émerge et qu’elle surplombe en grande partie sont traités de manière quasiment abstraite par une mosaïque de touches courtes aux tons bleu sombre et verts.



Mais c’est dans la salle suivante que je devais être le plus ému.


commentaires

09/09/06 - 06:22

J'apprécie ta narration des toiles. Moi, je ne fais que m'extasier, porter le poing devant mes lèvres pour ne pas crier haut et fort mon émotion dans les expositions.

09/09/06 - 11:13

Cher Apax,

Dans ton post précédent au sujet de l'expo Cézanne à Aix, tu la situais au Musée Calvet et non au Musée Granet ! Confusion excusable quand on visite tous les Musées de France et de Navarre.

J'espère également que tu as vu la très belle et très "réaliste" statue d'un faune couché ou allangui. Elle est dans la partie statuaire juste avant la sortie dd l'expo.

J'ai pesté contre les mesures de sécurité qui m'ont empêché d'emporter mon appareil photo dans le musée.

Amicalement.

10/09/06 - 18:01

Merci Henri : j'ai corrigé mon erreur. L'enchantement du Sud m'a fait confondre Aix et Avignon, m^me si ces deux villes sont très différentes.

Non, je n'ai pas vu le "Faune couché", m'étant contenté de la section peinture du musée.

10/09/06 - 18:21

Patrick, ton commentaire me suggère quelques réflexions dont je ferai un post. Merci !

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13