J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

09/08/2006

09/08/06 - 00:41

LA VOIX DE FRANÇOIS MAURIAC

Ecouté à la radio la semaine passée plusieurs émissions consacrées à François Mauriac.

Ce qui m’a captivé surtout, c’est sa voix extraordinaire, cette voix qu’on ne manque jamais de qualifier d’éraillée, ou de voilée (suite à une intervention chirurgicale que l’écrivain a dû subir dans les années 30) mais d’une distinction rare dans son élocution, - autant par l’élégance de sa syntaxe et de sa fluidité que par la précision de son lexique et donc la clarté de sa pensée (peut-être tout ce raffinement de la parole est-il en partie un écho des conversations qu’il a eues, jeune homme, avec Proust).

Tout le contraire de cette parlure « décontracte » et confuse de la plupart des gens qui, interrogés de nos jours dans des entretiens, ne prennent même plus la peine d’enlever le chewing-gum que leurs mâchoires mâchouillent.

La voix de Mauriac exprime toute la finesse de l’individu, son intelligence artistique, - la distinction aussi d’un grand bourgeois (d’une autre époque), assez libre néanmoins pour n’avoir pas hésité à s’engager dangereusement lors de la Décolonisation.

Je me souviens avoir lu dans mon adolescence plusieurs de ses romans dont Thérèse Desqueyroux, peut-être le plus accompli : sa lecture suscitait mille sensations particulières aux Landes, et bien que ne connaissant pas cette région, je humais presque, grâce à son écriture si efficace, les odeurs de résine qu’exsudent les pins durant l’été, surtout lorsque ces essences s’enflamment, ou celles dégagées par le sol après quelque orage. Une écriture très classique, riche d’évocations sensorielles et sobre, à la manière de sa voix.

commentaires

09/08/06 - 00:45

Un de mes préférés : Le Baiser au lépreux.

10/08/06 - 00:26

je viens de prendre connaissance de ton com. Merci et désolé d'avoir mal compris tes propos.
JE n'ai rien a rajouté pour l'instant etant d'accord avec ce que tu écris.

31/08/06 - 20:28

il reste une référence, pour moi en tout cas !!!

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13