01/06/2006"VOLVER" DE PEDRO ALMODOVAR
Le film s’ouvre par un long travelling latéral montrant un cimetière, où pour nettoyer les tombes, des femmes s’activent avec leurs plumeaux et leurs brosses, tout en papotant. Le vent souffle, soulève de petits nuages de terre ocre. C’est une véritable frénésie ménagère qui s’empare de ces veuves et de ces orphelines : le ton est donné, on sourit : ce lieu des éternels regrets est le prologue d’une comédie.
Volver signifie en catalan « revenir » : les filles, Raimunda et Sole, sont revenues pour épousseter la tombe de leur mère, Irène.
Des orphelines, et … une revenante, qui garde la forme avec un vélo d’appartement. Elle vit très bien chez Tante Paula, à qui elle rend de petits services.
Raimunda (Pénélope Cruz, fabuleuse) c’est la femme-femme, énergique et sensible, l’instinct de conservation, la santé, la vie. Son mari Paco, un peu beubeu sur les bords, canettes de bière et match de foot à la télé, reluque de temps à autre la petite culotte de sa fille Paula (aussi) affalée dans un fauteuil. Ça lui portera malheur. C’est un film de femmes. De ce côté, l’intrigue pourrait s’intituler, parodiant Ionesco :Paco, ou comment s’en débarrasser … Pénélope sait affronter la réalité.
Sa sœur Sole (Lola Duenas) coiffe à domicile. Elle est plutôt superstitieuse, croit aux fantômes. C’est elle qui voit pour la première fois avec effroi la revenante (ou plutôt, qui la sent ! …). Dans son genre, elle n’est pas mal non plus quand elle explique à ses clientes qu’elle a désormais une apprentie, oui, une russe, qui ne parle pas, bien sûr, mais comprend tout très bien. Le spectateur ne se demande pas pourquoi ! …
L’Augustina, la voisine de tante Paula, dont elle s’occupe aussi, a la quarantaine passée et la particularité d’avoir eu des parents hippies. Le cheveu ras, l’allure hippie plouc, elle a hérité d’eux l’art de se rouler des joints. La plante est un produit maison. Elle croit que c’est un esprit qui l’a prévenue de la mort de tante Paula. Elle est gentille, serviable.
L’Augustina est aussi un personnage tragique. On lui découvre un cancer. Elle supplie alors Raimunda de répondre à cette énigme : sa mère, qui a disparu juste en même temps que la sienne, Irène, est-elle encore vivante ? Raimunda a d’autres chats à fouetter que de s’occuper d’une disparue. D’ailleurs, faire disparaître le disparu, c’est déjà suffisant …
Cependant, on aura la réponse, - qui est la pièce maîtresse de cette histoire.
Alors a lieu un renversement de situation étonnant : il explique tout ce qu’on a vu et qu’on avait mal interprété, mais ouvre aussi sur une autre histoire, où quelques unes ont des choses à se faire pardonner, où quelques autres pardonnent.
Donc, ni crise de nerfs, ni crêpage de chignon. Un très beau film, drôle et touchant, et très intelligent.
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| Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi. Montaigne, Essais, III, 13
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01/06/06 - 21:43
En castellano tambien, no?
bonjour