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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

21/05/2006

21/05/06 - 22:48

GEORGES DE LA TOUR : JOB RAILLE PAR SA FEMME









Il est seul, dans l’obscurité des ténèbres. Assis près de son écuelle brisée, tel un prisonnier dans son cachot.
L’homme a tout perdu.

Or, au plus intime de lui, subsiste la foi. Il reste assis, humble, le buste droit, les membres anguleux. Il n’a plus que la peau sur les os.

Sa femme est venue le voir pour le railler. Job le magnifique ! Lui qui avait sept fils et trois filles, sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs et cinq cents anesses ! Lui si heureux, si prospère !
Plus rien ! Ses enfants, tous anéantis ! Tous ses troupeaux, volés !
Il n’a plus rien.

Et sa foi reste intacte !

Mais les railleries de sa femme ont glissé sur lui comme pluie sur caillou. Elle a senti en lui, sous la maigreur mortifiée, la fermeté d’un roc. Et son persiflage s’est tari.

Surprise, - son regard a changé. Elle, acariâtre et si fière, se courbe vers lui, son visage se penche, - et sa main gauche se relève et s’ouvre, pleine de grâce.

Alors le feu de la parole mauvaise s’est tu.

La vaste robe vermillon rougeoie.

De la bougie s’élance une arche de lumière flamboyante qui monte jusqu’au buste, jusqu’à la nuque d’où la tête penche, - courbe que redoublent l’avant-bras gauche relevé et la main ouverte, pleine de grâce.

Et le visage profilé (où brille une perle à l’oreille ) s’ouvre.

Ecoute.


commentaires

21/05/06 - 23:16

Beaucoup pensent que cette doite est à 50% de la main de son fils etienne, un assez mauvais peintre. Elle date des dernières années où les oeuvres de La Tour se dépouillent des détails. On s'en rend compte en le voyant. Certaines parties sont superbes alors que d'autres sont baclées. On peut faire le même constat en ce qui concerne les pipeurs de dés.

21/05/06 - 23:58

Désolé, mais cette toile fait l'unanimité quant à son auteur.
La reproduction, certes n'est pas très bonne. En fait la couche picturale est très usée, mais quand on regarde le tableau en prenant un peu de recul, il est magnifique.
Les pipeurs de dés ? je ne connais pas d'oeuvre de GDLT ayant ce sujet, - à moins que tu ne parles du Tricheur.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13