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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

14/05/2006

14/05/06 - 21:39

LE CHANT DU ROSSIGNOL


Chaque nuit lorsque avant de me coucher vers une heure j’ouvre ma fenêtre pour fermer les volets, - dans l’obscurité silencieuse j’entends le chant solitaire d’un rossignol auquel répond parfois un autre chant.

Ce chant est d’une beauté rare, par l’éclat des notes égrenées en courtes séquences, par la diversité de ses rythmes, par sa mélodie pure et sonore qui semble animer l’ombre et le silence.

Ce chant n’est pas mélancolique, - à moins que soi-même on le soit un peu - il est naturellement beau, de cette beauté qui vous arrache parfois un sanglot.

«Le réveil des oiseaux » d’Olivier Messiaen s’ouvre par une cadenza au piano évoquant le chant du rossignol à minuit. L’oiseau d’abord chante seul, puis deux autres engagent avec le premier un échange étincelant.

C’est la musique de Messiaen qui m’a d’abord rendu sensible à la beauté de ce chant que j’ai depuis toujours retrouvé dans ces nuits de mai,

Hor che’l ciel e la terra e’l vento tace,
Lorsque le ciel, et la terre, et le vent se taisent,
E le fere, e gli augelli il sonno affrena,
Et que le sommeil apaise animaux et oiseaux.


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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13