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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

14/04/2006

14/04/06 - 21:41

CARAVAGE, "LA VOCATION DE SAINT MATTHIEU" (322 cm x 340)



Sous une fenêtre haut placée et le mur à droite qu’éclaire en biais un jaillissement de lumière, - grande dramaturgie du clair-obscur.

A gauche, l’usurier Matthieu est assis à sa table de travail, sa main droite comptant l’argent qu’il prête : l’emprunteur (un robuste jeune homme, belle cuisse droite dans la lumière), se courbe en avant, yeux fixés sur les pièces. Sa main droite les ramasse, l’autre main serre sa bourse. Derrière lui, témoin du prêt, un homme âgé ajuste ses binocles.
Matthieu est bien entouré : à sa gauche, le coude appuyé à son dossier, un joli jeune homme aux manches bouffantes, à la coiffe garnie d’un plumet, se tourne à droite vers l’entrée. En face de lui et vu de dos, à cheval sur un banc cuisses écartées, l’épée pendant derrière lui, un autre jeune homme se tourne aussi vers l’entrée. (L’un peut être le joueur de cartes contre lequel le premier jeune homme a perdu, l’autre le complice du tricheur). Matthieu est surpris, le visage en plein dans cette lumière qui fait irruption, qui éclaire aussi les visages des deux ragazzi. Il tend l’index vers lui-même, « C’est moi que vous appelez ? ».

A droite en effet deux hommes viennent d’entrer. L’un, enveloppé dans une couverture ocre dont le haut est dans la lumière, de sa main droite le désigne.
Bien qu’il soit dans l’ombre on voit de profil le beau visage impérieux d’un autre homme. La lumière éclaire son cou, sa joue gauche que borde une maigre barbe, l’aile de son nez. Les lèvres charnues, entrouvertes, et les yeux sont dans l’ombre, - le regard entièrement dirigé vers Matthieu. L’homme tend en avant le bras droit et son poignet fléchit, sa main désigne Matthieu, « Oui, c’est toi ! ».

Le geste est superbe et le visage aussi beau (mais moins bouleversant) que celui du Christ dans « L’Evangile selon Saint Matthieu », le film de Pasolini.

(Longtemps j’ai cru qu’il était impossible qu’on s’adressât à mon visage.)

commentaires

14/04/06 - 22:37

ai vu le caravage in situ la seaine dernière mais il s'agit d'un de ceux qui m'a le moins touché ! en revanche, ce Christ me fait dégouliner le foutre par les oreilles -mais je l'ai déjà dit X fois et Maléficio ne saura que confirmer !

14/04/06 - 22:49

T'as fini de te la jouer palette ? Parles-nous de ce qu'il t'inspire réellement et épargne nous ce genre de texte qu'on peut trouver dans n'importe quel autre site sur la peinture.

ça fait vraiment cliché de parler de Caravage dans un site gay. Bientôt, on verra pleins de romans et de films gays avec des tableaux de caravage.

15/04/06 - 00:07

Bleu-ispahan, le ton de votre commentaire parle beaucoup plus de vous que de mon post : vous êtes incapable de lire ce qui est différent de vous.

15/04/06 - 00:47

Je suis ébloui par le Christ que j'aime car Il s'est donné pour moi

17/04/06 - 14:29

Décidément, les commentaires imbéciles fleurissent partout.

17/04/06 - 15:07

Cher edeion, c'est le printemps !

17/04/06 - 18:02

Bonne idée, je vais me mettre en hibernation inversée :)

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13