J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

12/04/2006

12/04/06 - 22:46

GRAND CORPS MALADE



Mon ami Ben m’avait parlé de Grand Corps Malade, un garçon qui fait du slam . Il avait dû m’expliquer ce mot : c’est une forme de poésie « récitée » dans un café, qui a pour contrainte principale un agencement de rimes qui rythment le texte, avec souvent des jeux d’allitérations (répétitions de mêmes sons consonnes) et d’assonances (répétitions de mêmes sons voyelles). Habituellement, les poèmes sont dits « a capella », c'est-à-dire sans accompagnement de musique.

J’étais allé à la FNAC, et j’y avais trouvé le C. D. de GCM, intitulé « midi 20 ».

Quand je l’ai écouté, j’ai tout de suite été bouleversé par cette voix grave de basse, à l’élocution intense et précise, totalement dénudée, qui dit les textes avec une certaine véhémence qui tient de la conviction intime. Voix qui part de soi, qui parle du monde à partir de ses sensations les plus profondes, de ses blessures mais aussi d’une force innée poignante.
Difficile, peut-être impossible de ne pas pleurer : c’est beau, c’est fort, je suis touché au plus vif par cette intelligence et cette vraie générosité, par cette force, cette confiance, cet humour qui sont ceux d’un véritable poète.
La plupart des textes sont accompagnés d’une musique plutôt discrète mais totalement accordée avec la voix.

Je sais que je suis sujet aux engouements, que ce qui peut m’enthousiasmer à un moment peut assez vite m’ennuyer quand j’en découvre les limites, je sais qu’on y décèle des facilités, - mais ces textes ne peuvent être dissociés de la voix qui les incarne si puissamment. Ce qui est sûr, c’est qu’ils parlent du monde présent de la façon la plus bouleversante, la plus inventive et la plus juste.

Le site de Grand Corps Malade est très bien fait, généreusement vous offre d’écouter une de ses chansons, plusieurs extraits, et de voir quelques petites séquences de slam, où l’atmosphère de ces récitals dans un bar est très bien rendue (voyez en particulier celle où GCM récite « Ma tête, mon cœur » … qui est un vrai bijou ! - c’est le cas de le dire !!!).

commentaires

12/04/06 - 23:04

moi j'adorre et sa voix est super sexe

12/04/06 - 23:16

ah ouiiiii!

13/04/06 - 00:28

C'est un bateleur sans paillette aux phrases orpaillées de trésor. Oui, un beau voyage où les mots défilent et nous entraînent.

13/04/06 - 01:08

> bonjour : merci pour ta patience : j'y suis finalement parvenu !
Tu comprendras que j'aie supprimé tes commentaires : implicitement, ils manifestaient trop ma nullité informatique !

> Sieur38 : merci aussi pour vos perfides encouragements ;-) : ils n'ont pas été vains !
Quant à votre commentaire, il est aussi joliment écrit qu'approprié.

13/04/06 - 17:43

J'lai vu dans le spectacle d'Edouard Baer, c'est affligeant, si si.

15/04/06 - 00:53

Moi François j'opte pour la compassion parce qu'il est mon frère en Dieu

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13