J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

19/02/2006

19/02/06 - 11:34

GIORGIONE : LA TEMPETE (83 cm x 73 cm)



Ce paysage également tranquille et tourmenté étonne. Des nuages se forment, un éclair y fulgure. Sous le ciel sombre et lourd, une ville au fond (qu'une lumière étrange éclaire) apparaît.
On peut y discerner un dôme, un campanile, de fines cheminées. Sur une tour carrée, au-dessus de l'entrée, le regard attentif aperçoit, infime, une mosaïque composant de profil un animal fabuleux, probablement le lion ailé de Venise. Deux autres tours dépassent d'un bosquet à droite. Plus au-devant, se dresse une haute maison fortifiée, évoquant un moulin à eau. (Sur le toit, un oiseau blanc posé se remarque, - tracé légèrement). Ensuite on voit une porte crénelée, d'où part une longue passerelle qui enjambe une eau sombre et dormante - et rejoint sur la berge une route en surplomb.
A gauche au second plan, s'élèvent ensemble les fûts frêles et minces de jeunes arbres, auprès d'un pan de mur embroussaillé. Plus au-devant deux colonnes tronquées restent, sur un soubassement ruiné. Au premier plan, un jeune homme, vêtu d'un haut-de-chausse à crevés, d'une chemise blanche et d'un veston grenat, se tient debout, nonchalant, - appuyant à peine son épaule contre un long bâton qu'il a en main. Son visage, tourné, semble sourire.
A droite cependant, sur un talus au bord de l'eau, une jeune femme, nue, est assise parmi les plis d'une draperie blanche - un pan hâtivement ramené sur ses épaules. Elle a (bien que vous regardant) le buste penché et maintient tout contre elle un petit enfant, qui lui tète le sein. Derrière, se dessine une foisonnante végétation : herbes, hautes plantes, arbrisseaux et buissons, d'où s'élève le tronc vigoureux divisé en deux branches, d'un bel arbre.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13