SOIREE (jeudi 16 février 2006)
assisté hier soir à une représentation de « La vie de Galilée » de Brecht, mise en scène par Jean-François Sivadier. Le personnage de Galilée est magnifique, et Nicolas Bouchaud qui l’incarne montre un corps charnu, agile et vigoureux. On le voit raisonner, disputer, s'amuser, - gourmand et sensuel.
Surtout, j’ai apprécié ce personnage qui spontanément refuse toute posture héroïque : la simple vision des instruments destinés à le torturer lui fait abjurer sa théorie. Ce n’est pas de la lâcheté, mais de la ruse : ce faisant, il reste en vie, mais secrètement achève d’écrire ses Discorsi qu’il fera parvenir en Hollande, permettant ainsi à ses idées de se répandre.
A l’opposé de Giordano Bruno, martyr de la pensée libre ; mais cette liberté aura trouvé sa limite avec la mise à mort du penseur, qui donc ne pense plus ni n’écrit.
retrouvé D., à l’entracte, placée deux sièges plus loin, et que je n’avais pas vue quand je suis passé devant elle en arrivant. Elle est toujours aussi belle, avec ce visage où un peu de hauteur se mêle au fin sourire. Elle me dit qu’O. est là, et nous le rejoignons dehors en haut de l’escalier.
Sa massive et haute stature, son rire enfantin et sarcastique.
Dire que pendant presque deux années il y a plus de 25 ans, j’ai passionnément aimé cet homme !
Et dire qu’il n’était même pas mon genre !
Je le regarde de temps à autre : certes, dans le sourire, je retrouve le très jeune homme d’alors ; moins insolent, plus humain peut-être. On a quelques brefs échanges sur la pièce. Bien sûr, il trouve que la mise en scène d’Antoine Vitez était supérieure. Je ne l’avais pas vue, et j’aime bien celle-ci. On passe vite à autre chose : la conférence de Marc Fumaroli samedi dernier, sur Narcisse dans les Métamorphoses d’Ovide : intéressante, et davantage, là-dessus on est plutôt d’accord, je crois. Puis il s’adresse à D., et parle de gens que je ne connais pas.
observé aussi, qui était avec O., le jeune R.. Je m’amusais à considérer que ce jeune homme de 22 -23 ans peut-être, la seule et unique fois où je l’avais vu, il n’était qu’un bambin marchant à peine. C’était lors d’une Saint Sylvestre organisée par O. au château D’A.. Le rendez-vous, la demeure à proximité d’étangs, ses longs couloirs aux parquets bruyants, ses chambres tendues de toile de Jouy m’évoquaient le domaine mystérieux du Grand Meaulnes. Dans l’une d’elles, avant le dîner, j’avais visité B., le frère d’O., qui m’avait présenté les R. et leur rejeton, devenu ce jeune homme à la chevelure noire toute bouclée.
éclaté de rire plusieurs fois en lisant, une fois rentré, la « Cronaca romana XV » du blog de Willywalt. J’aime autant son aise et sa verve que sa truculence : parfois, je retrouvais ce plaisir que j’avais lorsqu’à 20 ans je lisais cette édition de Rabelais en Livre de poche où se trouvaient à droite le texte original (sans orthographe donc, mais où l’on pouvait goûter toute la saveur des mots, - et que de fois j’ai pu rire !) et en face la traduction de mots difficiles ainsi que des notes explicatives.
Le texte de W. est d’une irrésistible drôlerie, dans une langue des plus maîtrisées et des plus pittoresques. Un régal !
bien dormi ensuite.
18/02/06 - 03:57
Avaient-ils utilisé la musique de scène de Eisler pour la vie de Galilée ? Je n'ai jamais réussi à trouver une mise en scène avec la musique, qui avait pourtant été composé, comme pour beaucoup d'autres pièces de Brecht, à la demande de ce dernier...
anaximandre