J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

11/02/2006

11/02/06 - 01:31

R. B. KITAJ : IF NOT, NOT



A gauche en bas, tel un moderne Saint Antoine qu'une vaste vision confuse submerge, - penché, T. S. Eliot (un appareil pour sourd équipant son oreille) appuyé sur son coude gauche tourne le buste et lève la tête en arrière : une femme nue dans son dos le regarde, ayant posé sa main sur son épaule gauche.
April is the cruellest month, breeding
Lilacs out of the dead land, mixing
Memory and desire, stirring
Dull roots with spring rain.
Mêlant mémoire et désir. Des fantasmes remuent. Le terrain vague s'étend. La perspective se défait. Un corps vêtu de rouge est renversé, la jambe gauche repliée. La botte manque au pied droit. De profil et coiffé d'un blanc bandage, un personnage (qui porte en bandoulière une sacoche) les jambes flottant s'envole, à droite en bas.
Plus haut sur un fond noir comme en apesanteur sont regroupés un nu arc-bouté, de côté une figure drapée de blanc, de face un homme assis tête baissée. Des silhouettes de palmiers étirées s'élancent. Au loin, des hauteurs beige rosé s'estompent. Dans le ciel se répand, s'évapore et se dilue, vastes nues suavement colorées, l'orange embrasement d'une montagne en feu. Au fond de la vallée, un lac (enserrant une longue presqu'île riante) est noir.
A gauche en haut surgit l'angoissant mirador d'un bâtiment horizontal surplombant un gouffre plein d'ombre. Au fond, se prolongeant le lac (sur l'émeraude unie duquel sont plantés trois pieux) s'étale, sombre. De grands pins embrumés s'atténuent. Des neiges fondent.
Ample suintement glauque et noirâtre l'oubli s'étend, où flottent un livre ouvert retourné, un oiseau noir sur un journal, un second livre ouvert, un mouton et son arbre, une boîte, instables petits souvenirs. The river sweats / Oil and tar. Dessous à gauche, assis dans son lit un homme torse nu tient serré son enfant. Telle une réminiscence, un visage effaré de femme émerge. Un socle peint tronqué s'enfonce. Sur le bord, un roc tourmenté (comme en fit Patinir) boursoufle, tête tuméfiée renversée.

commentaires

11/02/06 - 04:17

auschwitz...

15/04/06 - 00:43

Mes frères les juifs que j'aime parce que je suis chrétien et que je ne connais pas très bien; je veux porter leurs souffrances dans mon coeur parce qu'ils ont raison

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13