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(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

07/02/2006

07/02/06 - 19:49

LEONARD DE VINCI


UN PEU DELIRANTE DESCRIPTION DE DEUX TABLEAUX DE LEONARD
DE VINCI, AU LOUVRE : SAINT JEAN-BAPTISTE ; BACCHUS.


C'est d'abord le charme alangui du jeune Saint qui surprend : le sourire ambigu du visage penché contrairement au torse qu'entraîne un geste vigoureux du bras droit (dont l'index dressé indique les joies du Ciel à l'amateur vulgaire, tandis que la main gauche, incomplètement cachée, montre le cœur) paraît insinuer d'ineffables délices.
Mais du fond obscur, seul le buste surgit : ventre, sexe, cuisses, genoux, pieds demeurent dans l'obscurité ou n'appartiennent pas au tableau : l'itinéraire sensible, amoureux des doigts, paumes, lèvres, joues, partout, est impossible. Et même le torse n'est pas offert, défendu par le geste vigoureux du bras : sa beauté se donne seulement à voir. Peut-être est-ce pourquoi une ironie rêveuse incurve le subtil sourire.
Il n'y a là cailloux ni rocs, ni terre où s'enracinent l'ancolie, l'humble violette, la digitale pourpre, - règne de la mère profonde (cette Vierge aux Rochers) ou de Dionysos. Hors d'un fond informe, obscur (seuil franchi), - resplendissant, ce buste dont la contorsion indiquerait le corps refusé (de même le sourire, en sa légère ironie : il vous faut, n'est-ce pas, renoncer) suggère la figure d'Apollon formulant le sublime.
Or un autre tableau de Vinci se trouve à quelques pas, intitulé Bacchus. (En fait, c'est un autre Saint Jean-Baptiste, curieusement travesti en dieu grec à l'époque de Louis XIV). Assis à l'ombre de rochers couronnés d'arbres, alors que s'ouvre à gauche un lumineux paysage de lacs, de bois, de bêtes et de plantes, de montagnes lointaines, le jeune dieu sourit. Tout son corps est représenté (bien que la jambe gauche croisée sur l'autre genou, - entraînant la torsion inverse du buste - cache le bas-ventre). Le bras gauche, détendu, maintient un bâton au long duquel repose l'index dirigé vers le sol, tandis que l'autre index, obliquement levé, désigne à droite un antre ténébreux.

commentaires

06/07/06 - 09:00

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13