J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

04/02/2006

04/02/06 - 20:50

MOMENTA


écouté avec intérêt à la radio une conversation sur la mort, de très haute qualité.

on se régalerait bien d’un tartuffo con panna au Tre Scalini, place Navone.
On irait s’appuyer à la barre qui entoure la fontaine des Fleuves, et dans le bruissement des eaux jaillissantes, on regarderait les gens passer, nous arrêtant soudain à tel visage, admirant tel corps superbe, accrochant tel regard rieur. Ce serait l'été.

moment de désarroi : la souffrance d’un tel perçue, malgré l’allègre acuité de ses poèmes. Quelles paroles lui dire qui le touchent et lui fassent du bien ?

regardé par la fenêtre en ne pensant à rien.

dégusté la pulpe mûre d’un kiwi.

j’avais écrit : « On mesure parfois notre isolement ». Je trouve ce commentaire : « Plutôt souvent, non ? ». Malgré tout, j’avais dû en convenir et répondre : « Souvent donc. ».
Pourtant ce soir là, dans un échange comme on en a rarement, avec quelle joie naïve j’avais lu : « Eh bien mon nouvel ami … »

moment où l’on se délecte en écoutant la voix douce et vibrante du violoncelle et la somptueuse orchestration de « Tout un monde lointain ».

je me rappelais les Dentelles de Montmirail, titre d’un poème de René Char, dont les noms mêmes dessinaient déjà dans mon esprit les contours déchiquetés de hauts rochers longtemps avant que, se découpant dans le ciel bleu, je ne les aperçoive de cette petite route entre Carpentras et Bollène (c’était le 14 juillet 2004). Hier soir, je les imaginais blanches et bleutées dans la nuit.

moment mélancolique, moment de bonne humeur, fugit tempus.

fugue du temps.

commentaires

14/02/06 - 00:23

Il y a mieux un peu plus loin que piazza Navona... Tout dépend de la marche qu'on est prêt à faire :)

J*

14/02/06 - 23:50

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13