J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

29/01/2006

29/01/06 - 20:52

Le Secret de Brokeback Mountain



Ce qui m’a touché et que je trouve réussi dans ce film : dans le cadre sauvage et grandiose d’espaces immenses (versants montagneux que caressent de grands ciels tumultueux) et durant une saison, le rapprochement de deux hommes, leur violente étreinte entre sommeil, et veille et la naissance de leur passion.
Le personnage du taciturne Ennis, « empoisonné » dès le début (rien de lourd dans le dialogue et les images qui évoquent la scène traumatique) - et qui ne guérit qu’ « après » - devenant une sorte d’ermite fidèle et dévot.
Le personnage de Jack, généreux, accordé à cette passion, voulant réaliser son plus profond désir : vivre avec celui qu’il aime.
L’embrassade éperdue et les baisers fous des deux hommes quand ils se retrouvent la première fois : explosion d’amour entre les deux, - Ennis éclaté.
Le passage du temps sur les visages, alors que la passion reste intacte même si Ennis se renferme dans son déni tandis que Jack peut crier tout son amour et sa souffrance à voir son ami refuser l’accomplissement de leur passion.
La délicatesse du metteur en scène quand il montre les sentiments dits ou non dits des personnages, leur opacité autant que leurs débordements soudains.
Le dépouillement de la toute dernière partie.

commentaires

29/01/06 - 20:57

C'est exactement ce que j'ai ressenti.

29/01/06 - 23:13

C'est bien décrit en effet. Même s'ils vivent des quotidiens forts conventionnels et sans doute d'emprunts, la vrai réalité les rejoints lorsqu'ils sont ensemble.

Un amour de 20 ans alors qu'ils ne se voient que tous les 4 ans (ou un peu plus) est une bonne claque à un bon nombre de gays qui lorsqu'ils arrivent à tenir six mois ou un an pensent avoir atteint l'Everest...

30/01/06 - 00:57

"la vraie réalité les rejoint lorsqu'ils sont ensemble" : oui, exactement (y compris la réalité du traumatisme d'Ennis).

08/05/07 - 15:39

J'ai vu ce film tardivement, mais amputé du début (hasard d'une nuit d'hôtel). Toute la fin est admirable, à partir de l'annonce de la mort du brun. La scène de la visite chez les parents est une des choses les plus poignantes que j'aie vues au cinéma depuis longtemps.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13