J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

08/01/2006

08/01/06 - 22:27

SIGNE : POISSONS (III)



Ard nu se tient debout sur le rebord de la piscine, regardant la surface miroitante, la transparence de l'eau. Il inspire un grand coup, plie les genoux, bras étendus au-dessus de la tête baissée plonge, en un grand splash pénètre l'eau, y glisse, ouvre les yeux, éprouve l'élément limpide, voit les carreaux de céramique bleue qui se déforment, la surface au-dessus dessinant un entrelacs d'arabesques mouvantes, sent sur sa peau, entend autour tout un bouillonnement d'eau déplacée, et se laisse glisser, se cambre, ramenant les bras au corps gagne la surface, émerge.
Ré s'avance sur le rebord de la piscine, tenant dans sa main gauche un livre fermé. Il est vêtu d'une chemise à manches longues, dont le col est ouvert. Ré a les cheveux très noirs, assez courts. Il s'arrête et regarde le nageur qui approche du bord.
Ard lève les yeux, sourit, et se laisse couler, dans un bouillonnement d'eau agitée.
Ré se dirige vers un fauteuil en toile à rayures bicolores, s'assoit au fond, repliant les jambes (genoux écartés) en tailleur, - penche le buste en avant, pose par terre son livre intitulé Les Affinités électives, se redresse et se tient le dos un peu courbé. Les bouts des doigts écartés se joignant à hauteur des lèvres, Ré demeure le regard fixe, plissant les yeux.
Ard s'appuyant des mains sur le rebord se soulève, ruisselant, pose d'abord (jambe pliée) le pied gauche, se redresse. Ard debout, tourné vers le fauteuil en toile, inspire, bras étendus au-dessus de la tête bascule, en un grand splash plonge et s'enfonce sous l'eau, ouvre les yeux, souplement nage.

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Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13