J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

25/06/2006

25/06/06 - 21:07

LA PORTE-FENÊTRE, (LE MATIN)

25/06/06 - 21:02

« LA FORCE DE L’ART » , AU GRAND PALAIS

Vu samedi dernier l’exposition « La Force de l’Art » au Grand Palais. J’avais dormi une demi-heure la nuit précédente, je venais de voir l’exposition consacrée au Douanier Rousseau (qui, - trois ou quatre peintures exceptées n’avait guère suscité mon admiration), il faisait chaud : mon attention était assez lâche …

D’abord l’espace m’a semblé mal utilisé : sous cette gigantesque verrière, les espaces cloisonnés assez bas de hauteur apparaissaient un peu quelconques, ce que renforçait la nature des matériaux …



Peu d’œuvres sont parvenues à me retenir … « Les 24 Objets de grève » (1999) de Jean-Luc Moullène est un ensemble de photographies comme vitrifiées, ce qui donne plus de « densité » à l’image elle-même. « La Chorale Epidémik » (1989) de Joël Hubaut est constituée de 18 postes de télé, disposés sur trois rangs selon leurs tailles différentes : devant, les 5 petits, puis entre ceux-ci et derrière les moyens, puis les 7 grands. Chaque poste diffuse une vidéo différente : en plan fixe et de face, la tête d’un individu, homme, femme, enfant, adolescent, personne âgée, tous un peu cruche, qui chante ou crie ou grommelle n’importe quoi : bref, une jolie société, parfaitement dysharmonique et drolatique … Bon, on sourit, on s’arrête trois, quatre minutes et on passe à autre chose …

Je me suis attardé dans la section « Visions », parce que j’y reconnaissais quelques peintres, comme Garouste et son imaginaire affolé (toutes ses œuvres récentes me semblent avoir perdu la puissance de celles peintes dans les années 80), Ribeyrolle, dont les deux toiles présentées sont assez fortes, un immense tableau de Marc Desgrandschamps, dont j’avais vu une exposition au Centre Pompidou en février : cette peinture fantomatique me paraît la plupart du temps assez vide et m’évoque les grandes machines du XIXème dont le format est indifférent (comme s’il s’agissait d’abord de meubler les vastes murs d’hôtels particuliers ou de luxueux appartements, ou de musées …).

Le grand portrait peint par Yan Pei Ming est certes imposant : une tête d’homme échevelé et quelque peu nerveux, intitulée « Sans titre » … Mais on y reconnaît aisément le Premier Ministre !

Peut-être ce portrait brossé avec une riche palette de gris est-il l’emblème de cette exposition : en grande partie l’art officiel de l’époque, qui comporte quelques noms « incontournables », et ceux qui ont su se faire une place au soleil.

17/06/2006

17/06/06 - 03:15

REPONSE AUX COMMENTAIRES SUR L’ARTICLE PRECEDENT


à méphisto-walz :
1 : Qui a parlé de concours d’écriture ?
2 : Vous avez besoin d’aller à la bibliothèque pour lire un livre ?
D’autre part, je trouve curieux que vous parliez d’ « élitisme primaire » : parce que vous ne partagez pas une ou deux de mes valeurs, vous qualifiez mon attitude d’élitisme : c’est un procédé courant pour exclure ceux qui voient les choses autrement que vous faites ...

à syldémon :
oui, je peux être virulent, presque autant que toi, peut-être même davantage. C’est pourquoi je considère que les mouvements spontanés que nous avons sont rarement « justes », « pertinents ».
Je pense que communiquer par écrit permet qu’on prenne un peu de distance, par rapport à communiquer oralement : ainsi on peut être un peu « réfléchi ».

à theopiscence :
du courage, donc ! Allez lire la dernière chronique romaine : écrite en alexandrins, et vraiment drôlatique !

à RonanS :
Renaud Camus : j’assume totalement : j’ai lu presque toute son œuvre depuis 74 : au moins, je sais ce qu’il a écrit, et à peu près ce qu’il pense.
Les montages staliniens de citations tronquées sont pratiqués encore de nos jours, même par des intellectuels respectables par leurs œuvres, et même au Monde ! Il suffit d’aller vérifier dans le texte.
«mais il existe divers niveaux de communication et divers modes de langage. » : je suis bien d’accord avec toi : tu aurais pu remarquer que je pratique plusieurs modes de langage, - et ce sont effectivement ceux qui pratiquent toujours les mêmes qui sont les plus prompts à condamner les autres !

à lemarquis : Monsieur, je ne vois pas où vous avez lu que « le fait d’écrire sur un blog obligeait l’auteur à faire une page de littérature ».
Je crains que votre commentaire n’ait guère de rapport avec mon propos.
Mais vous ne manquez pas d’humour : « et les écrits, oui, les écrits se trouvent dans les livres, rarement dans les blogs. » Hihihi !
Permettez-moi cependant de vous faire remarquer que votre correspondant écrirait plutôt «PwOoT², voire plus même... ».

16/06/2006

16/06/06 - 22:13

HUMEUR (AUJOURD’HUI VENDREDI 16 JUIN)

Lu hier soir quelques blogs.

Frappé surtout par l’absence de « goût » de certains, précisons : ce qui se traduirait dans l’écriture par du « style », ce mélange de forme, de tenue (le contraire du laisser-aller), d’urbanité, de discrétion (de discernement : ne pas dire tout ce qui traverse l’esprit, mais trier).

D’où ma sensation d’une extraordinaire vulgarité de la pensée et de l’expression chez ceux-là : on écrit n’importe quoi, sans la moindre « retenue ». Le prétendu humour sur commande, le clin d’œil de connivence, la « private joke », c’est exactement l’esprit Télérama dont l’emblème est le calembour à 2 centimes d’euro. Autrement dit le communautarisme, la suffisance de ceux qui ont gardé les cochons ensemble et son corollaire l’exclusion de tous ceux qui n’appartiennent pas au clan.
Autrement dit la négation de l’ « autre », de celui qui n’est pas conforme aux codes du clan.

Cette absence de « forme » gâte les meilleurs, car il est clair que tel ou tel auxquels je reprocherais cette vulgarité d’esprit sont intelligents, sensibles, et même fins parfois, - mais leur « spontanéité » (l’idéologie du « je dis comme je sens » : où l’on se croit « nature » quand on ne fait que répéter les tartes à la crème et les scies du moment) n’est que l’air du temps : du vent !

A la différence de Willywalt, qui possède autant d’esprit que de forme, ils n’ont pas de style.

Il leur manque au moins d’avoir lu Renaud Camus, par exemple.

13/06/2006

13/06/06 - 22:09

MARDI 13 JUIN 2006, 20 h 19

12/06/2006

12/06/06 - 01:12

DEBUT JUIN, VERS 20 H 30








02/06/2006

02/06/06 - 21:46

PERE, FILS, UN FILM DE SOKOUROV



Un fim qui m’avait singulièrement touché il y a deux ans : Père, filsde Sokourov.
Pendant le générique sur fond noir, on entend comme des chuchotements, une respiration précipitée, des souffles, et le premier plan montre dans une pénombre rouge orangé des têtes, des bras qui s’étreignent. Un homme enfonce sa tête contre le torse d’un autre. Les premières paroles font comprendre qu’il s’agit d’un homme apaisant son fils empêtré dans les affres d’un cauchemar. Les visages filmés sont d’une rare beauté : un léger sourire éclairant leur gravité, seule expression d’un secret qu’on ne peut formuler. Un sentiment d’amour extraordinaire (qui me semble tenir aussi de celui qui lie deux amants) se lit sur les visages des deux hommes.
La gravité du père est un tendre sourire silencieux, - force physique, musculature, torse puissant, et un regard parmi les plus beaux qui m’ait été donné de voir au cinéma : je ne sais quoi de charnel absolument chaleureux est entièrement donné au fils. Ce film m’a troublé. Il parle d’homosexualité, je pense, mais d’une manière étrange. Ou du moins, il montre que ce désir du père pour le fils (différent du désir du fils pour le père) reste interdit, c’est à dire tabou et indicible, et quelque chose se trouve transcendé à la fin.
Les deux derniers plans qui font écho aux premiers représentent alternativement le père dans son lit, enfouissant son nez et son visage dans son oreiller, et le fils dans le sien, pelotonnant son visage contre son oreiller, - et m’évoquent l’acceptation définitive de leur séparation mais aussi de leur amour, car les deux visages, qui peu à peu s’immobilisent au bord de l’endormissement, semblent avoir retrouvé le visage de l’autre pour s’y unir : un vague sourire sur celui du père suggère peut-être l’apaisement du désir (mais peut-être qu’il n’y a jamais eu de désir, - sinon un désir de communion avec le fils).
Le récit est ténu (il n’y a que des bribes d’histoires) mais la mise en scène montre avec une vive sensibilité ces deux corps d’homme dont les espaces sont confondus (jusqu’à la décision finale, quand la séparation du père et du fils est acceptée).
Je crois que ce film parle d’une certaine manière de mon histoire, du lien que j’ai rêvé d’avoir avec mon père lorsque j’étais enfant.
Oui, adolescent, j’aurais voulu avoir un père qui m’eût caressé et sur le torse duquel j’aurais pu m’endormir.

01/06/2006

01/06/06 - 21:31

"VOLVER" DE PEDRO ALMODOVAR



Le film s’ouvre par un long travelling latéral montrant un cimetière, où pour nettoyer les tombes, des femmes s’activent avec leurs plumeaux et leurs brosses, tout en papotant. Le vent souffle, soulève de petits nuages de terre ocre. C’est une véritable frénésie ménagère qui s’empare de ces veuves et de ces orphelines : le ton est donné, on sourit : ce lieu des éternels regrets est le prologue d’une comédie.

Volver signifie en catalan « revenir » : les filles, Raimunda et Sole, sont revenues pour épousseter la tombe de leur mère, Irène.

Des orphelines, et … une revenante, qui garde la forme avec un vélo d’appartement. Elle vit très bien chez Tante Paula, à qui elle rend de petits services.

Raimunda (Pénélope Cruz, fabuleuse) c’est la femme-femme, énergique et sensible, l’instinct de conservation, la santé, la vie. Son mari Paco, un peu beubeu sur les bords, canettes de bière et match de foot à la télé, reluque de temps à autre la petite culotte de sa fille Paula (aussi) affalée dans un fauteuil. Ça lui portera malheur. C’est un film de femmes. De ce côté, l’intrigue pourrait s’intituler, parodiant Ionesco :Paco, ou comment s’en débarrasser … Pénélope sait affronter la réalité.

Sa sœur Sole (Lola Duenas) coiffe à domicile. Elle est plutôt superstitieuse, croit aux fantômes. C’est elle qui voit pour la première fois avec effroi la revenante (ou plutôt, qui la sent ! …). Dans son genre, elle n’est pas mal non plus quand elle explique à ses clientes qu’elle a désormais une apprentie, oui, une russe, qui ne parle pas, bien sûr, mais comprend tout très bien. Le spectateur ne se demande pas pourquoi ! …

L’Augustina, la voisine de tante Paula, dont elle s’occupe aussi, a la quarantaine passée et la particularité d’avoir eu des parents hippies. Le cheveu ras, l’allure hippie plouc, elle a hérité d’eux l’art de se rouler des joints. La plante est un produit maison. Elle croit que c’est un esprit qui l’a prévenue de la mort de tante Paula. Elle est gentille, serviable.

L’Augustina est aussi un personnage tragique. On lui découvre un cancer. Elle supplie alors Raimunda de répondre à cette énigme : sa mère, qui a disparu juste en même temps que la sienne, Irène, est-elle encore vivante ? Raimunda a d’autres chats à fouetter que de s’occuper d’une disparue. D’ailleurs, faire disparaître le disparu, c’est déjà suffisant …

Cependant, on aura la réponse, - qui est la pièce maîtresse de cette histoire.

Alors a lieu un renversement de situation étonnant : il explique tout ce qu’on a vu et qu’on avait mal interprété, mais ouvre aussi sur une autre histoire, où quelques unes ont des choses à se faire pardonner, où quelques autres pardonnent.
Donc, ni crise de nerfs, ni crêpage de chignon. Un très beau film, drôle et touchant, et très intelligent.

 

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13