J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

28/02/2006

28/02/06 - 02:08

AU PETIT PALAIS (25 février 2006)







21/02/2006

21/02/06 - 22:20

DIMENSIONS (POUR CEIO)


Quand j’étais adolescent, paraissait chaque semaine le numéro (de format 26,5 cm x 35.5 cm) d’une collection appelée Grands Peintres, ayant, après une assez courte présentation, une quinzaine de planches en couleurs montrant des œuvres du peintre (et certains de leurs détails). Ainsi j’avais fait la connaissance des œuvres majeures de Giorgione, dont j’aimai tout particulièrement La Tempête, à cause de son paysage extraordinaire et de cette ville mystérieuse qui apparaît au fond.

En 1970, je rentrais d’un voyage en Yougoslavie avec un couple d’amis. Ils avaient décidé de passer à Venise. Je m’y opposais, prétextant le grégarisme touristique qui n’était pas ma tasse de thé (enfin à l’époque, on ne parlait pas tout à fait comme ça). J’avais dû les suivre.
Arrivé place Saint-Marc, saisi de sanglots : jamais je n’avais vu une place plus belle, plus harmonieuse et plus humaine dans ses dimensions, dans la noblesse de son décor, dans l’accord de styles différents mais qui se répondent.
Puis, je m’étais précipité à l’Accademia où se trouvait La Tempête. Devant le tableau, je restais, extasié. D’abord surpris par le format de celui-ci : ni petit, ni grand, quelque chose de « mesuré ». Etonné aussi par l’intégration harmonieuse des figures dans le paysage.

Je crois que le format est fondamental en peinture pour l’effet que va produire l’ « image » du tableau. Les reproductions de toutes sortes, si elles contribuent à une connaissance assez étendue des œuvres, faussent notre sensibilité sur deux points. Le premier : les couleurs qui sont simplifiées par les techniques de reprographie, car la meilleure reproduction ne montrera pas le rapport unique entre certaines des couleurs, et particulier au peintre (ce qui est comme la signature « matérielle » du tableau). Le second : le format, qui est tout aussi important.
La preuve en est communément fournie par les gens qui vont au Louvre pour la première fois, se précipitent vers la Joconde, et sont déçus pour la plupart : le tableau n’est-il pas plus grand ?
Pourquoi imaginaient-ils celui-ci plus grand ? Je penserais qu’il s’agit d’un effet (sociologique ?) de "mythification » : « Le plus beau tableau du monde … etc »

Placez-vous dans la foule excitée qui mitraille la Joconde au chœur de la basilique qu’est devenue la Salle des Etats (magnifique par son nouvel accrochage sur les murs latéraux, un peu ridicule avec cet autel (et sa table de communion qui l’entoure) appuyé sur la cloison perpendiculaire à ceux-ci et voué à l’idolâtrie de la souriante italienne).
Faites abstraction de la foule qui s’agite et ne regarde pas, et vous, regardez le tableau : vous frappera d’abord son format, de proportions exactement "nécessaires" : on a le sentiment qu’il ne pouvait pas en avoir d’autres, - elles répondent précisément au sujet : un portrait. Puis, ayant pris conscience de cette harmonie absolue, vous verrez comment la Joconde est effectivement un portrait extraordinaire, - bien autre chose que le stéréotype reproduit sur les tee-shirts ou les boîtes de chocolat …

Ce caractère "nécessaire" du format, on le rencontre aussi bien dans les natures mortes de Chardin, ou les triptyques de Francis Bacon. Et c’est tout ce qui fait la différence avec la peinture « pompier » de toutes les époques, - où vous avez l’impression que l’œuvre pourrait être deux ou trois fois plus grande ou plus petite sans que rien ne changeât.

Il s’agit d’éduquer son œil, - de le rendre sensible au véritable génie de quelques artistes et de discerner ce qui crée des valeurs qui « formeront » notre sensibilité de ce qui n’est que valeur marchande voire spéculative.

19/02/2006

19/02/06 - 11:34

GIORGIONE : LA TEMPETE (83 cm x 73 cm)



Ce paysage également tranquille et tourmenté étonne. Des nuages se forment, un éclair y fulgure. Sous le ciel sombre et lourd, une ville au fond (qu'une lumière étrange éclaire) apparaît.
On peut y discerner un dôme, un campanile, de fines cheminées. Sur une tour carrée, au-dessus de l'entrée, le regard attentif aperçoit, infime, une mosaïque composant de profil un animal fabuleux, probablement le lion ailé de Venise. Deux autres tours dépassent d'un bosquet à droite. Plus au-devant, se dresse une haute maison fortifiée, évoquant un moulin à eau. (Sur le toit, un oiseau blanc posé se remarque, - tracé légèrement). Ensuite on voit une porte crénelée, d'où part une longue passerelle qui enjambe une eau sombre et dormante - et rejoint sur la berge une route en surplomb.
A gauche au second plan, s'élèvent ensemble les fûts frêles et minces de jeunes arbres, auprès d'un pan de mur embroussaillé. Plus au-devant deux colonnes tronquées restent, sur un soubassement ruiné. Au premier plan, un jeune homme, vêtu d'un haut-de-chausse à crevés, d'une chemise blanche et d'un veston grenat, se tient debout, nonchalant, - appuyant à peine son épaule contre un long bâton qu'il a en main. Son visage, tourné, semble sourire.
A droite cependant, sur un talus au bord de l'eau, une jeune femme, nue, est assise parmi les plis d'une draperie blanche - un pan hâtivement ramené sur ses épaules. Elle a (bien que vous regardant) le buste penché et maintient tout contre elle un petit enfant, qui lui tète le sein. Derrière, se dessine une foisonnante végétation : herbes, hautes plantes, arbrisseaux et buissons, d'où s'élève le tronc vigoureux divisé en deux branches, d'un bel arbre.

17/02/2006

17/02/06 - 23:22

SOIREE (jeudi 16 février 2006)


assisté hier soir à une représentation de « La vie de Galilée » de Brecht, mise en scène par Jean-François Sivadier. Le personnage de Galilée est magnifique, et Nicolas Bouchaud qui l’incarne montre un corps charnu, agile et vigoureux. On le voit raisonner, disputer, s'amuser, - gourmand et sensuel.
Surtout, j’ai apprécié ce personnage qui spontanément refuse toute posture héroïque : la simple vision des instruments destinés à le torturer lui fait abjurer sa théorie. Ce n’est pas de la lâcheté, mais de la ruse : ce faisant, il reste en vie, mais secrètement achève d’écrire ses Discorsi qu’il fera parvenir en Hollande, permettant ainsi à ses idées de se répandre.
A l’opposé de Giordano Bruno, martyr de la pensée libre ; mais cette liberté aura trouvé sa limite avec la mise à mort du penseur, qui donc ne pense plus ni n’écrit.

retrouvé D., à l’entracte, placée deux sièges plus loin, et que je n’avais pas vue quand je suis passé devant elle en arrivant. Elle est toujours aussi belle, avec ce visage où un peu de hauteur se mêle au fin sourire. Elle me dit qu’O. est là, et nous le rejoignons dehors en haut de l’escalier.
Sa massive et haute stature, son rire enfantin et sarcastique.
Dire que pendant presque deux années il y a plus de 25 ans, j’ai passionnément aimé cet homme !
Et dire qu’il n’était même pas mon genre !
Je le regarde de temps à autre : certes, dans le sourire, je retrouve le très jeune homme d’alors ; moins insolent, plus humain peut-être. On a quelques brefs échanges sur la pièce. Bien sûr, il trouve que la mise en scène d’Antoine Vitez était supérieure. Je ne l’avais pas vue, et j’aime bien celle-ci. On passe vite à autre chose : la conférence de Marc Fumaroli samedi dernier, sur Narcisse dans les Métamorphoses d’Ovide : intéressante, et davantage, là-dessus on est plutôt d’accord, je crois. Puis il s’adresse à D., et parle de gens que je ne connais pas.

observé aussi, qui était avec O., le jeune R.. Je m’amusais à considérer que ce jeune homme de 22 -23 ans peut-être, la seule et unique fois où je l’avais vu, il n’était qu’un bambin marchant à peine. C’était lors d’une Saint Sylvestre organisée par O. au château D’A.. Le rendez-vous, la demeure à proximité d’étangs, ses longs couloirs aux parquets bruyants, ses chambres tendues de toile de Jouy m’évoquaient le domaine mystérieux du Grand Meaulnes. Dans l’une d’elles, avant le dîner, j’avais visité B., le frère d’O., qui m’avait présenté les R. et leur rejeton, devenu ce jeune homme à la chevelure noire toute bouclée.

éclaté de rire plusieurs fois en lisant, une fois rentré, la « Cronaca romana XV » du blog de Willywalt. J’aime autant son aise et sa verve que sa truculence : parfois, je retrouvais ce plaisir que j’avais lorsqu’à 20 ans je lisais cette édition de Rabelais en Livre de poche où se trouvaient à droite le texte original (sans orthographe donc, mais où l’on pouvait goûter toute la saveur des mots, - et que de fois j’ai pu rire !) et en face la traduction de mots difficiles ainsi que des notes explicatives.
Le texte de W. est d’une irrésistible drôlerie, dans une langue des plus maîtrisées et des plus pittoresques. Un régal !

bien dormi ensuite.

13/02/2006

13/02/06 - 21:08

A PROPOS DE « IF NOT, NOT » DE R. B. KITAJ (cf. post précédent)



Le tableau a été peint en 1975-1976. Son titre reprend la dernière phrase du serment par lequel au Moyen-Age les sujets espagnols s’engageaient envers leur souverain lors de son couronnement : « Nous, qui sommes aussi bons que toi, te jurons, à toi qui n’es pas meilleur que nous, de t’accepter comme roi pourvu que tu respectes nos libertés et nos lois ; sinon, non. »

Le coloris merveilleux du paysage évoque d'abord un lieu idyllique, - comme le décor de La Tempête de Giorgione, et Kitaj lui-même dit que le petit étang au centre de son tableau en est le souvenir.
Mais très vite cette impression s’efface : à y regarder de près surgissent divers éléments étranges, voire inquiétants, - comme le mirador en haut à gauche, où l’on reconnaît le portail d’entrée d’Auschwitz, « l’antichambre de l’enfer », ou bien en dessous du petit étang ce rocher qui se transforme en tête de cadavre.

En fait, deux courants d’inspiration se combinent ici : d’une part l’influence du poème de T. S. Eliot, « The waste land » (La terre vaine/dévastée), publié en 1922, qui évoque à travers un chaos d’images brisées les angoisses du monde moderne ; d’autre part l’événement le plus monstrueux et le plus horrible du vingtième siècle : l’Holocauste, dont la fournaise semble encore répandre sur la peinture son fuligineux embrasement.

Le pacte social entre gouvernants et gouvernés a été rompu par les premiers : ils galvaudent sans cesse leur parole ; ils ne respectent plus nos libertés ni nos lois ; alors, ils ne sont plus crédibles, on ne les reconnaît plus comme gouvernants.
Cette rupture a entraîné les désastres que l’on sait : génocides et terrorismes, entre autres. C’est ce que peuvent suggérer le personnage à la tête bandée en bas à droite qui peut-être porte dans sa sacoche quelque explosif, ou, devant lui, le corps vêtu de rouge renversé (une victime ?), et juste au-dessus, reste de cadavre abandonné, « la tête tuméfiée renversée », boursouflant.

11/02/2006

11/02/06 - 01:31

R. B. KITAJ : IF NOT, NOT



A gauche en bas, tel un moderne Saint Antoine qu'une vaste vision confuse submerge, - penché, T. S. Eliot (un appareil pour sourd équipant son oreille) appuyé sur son coude gauche tourne le buste et lève la tête en arrière : une femme nue dans son dos le regarde, ayant posé sa main sur son épaule gauche.
April is the cruellest month, breeding
Lilacs out of the dead land, mixing
Memory and desire, stirring
Dull roots with spring rain.
Mêlant mémoire et désir. Des fantasmes remuent. Le terrain vague s'étend. La perspective se défait. Un corps vêtu de rouge est renversé, la jambe gauche repliée. La botte manque au pied droit. De profil et coiffé d'un blanc bandage, un personnage (qui porte en bandoulière une sacoche) les jambes flottant s'envole, à droite en bas.
Plus haut sur un fond noir comme en apesanteur sont regroupés un nu arc-bouté, de côté une figure drapée de blanc, de face un homme assis tête baissée. Des silhouettes de palmiers étirées s'élancent. Au loin, des hauteurs beige rosé s'estompent. Dans le ciel se répand, s'évapore et se dilue, vastes nues suavement colorées, l'orange embrasement d'une montagne en feu. Au fond de la vallée, un lac (enserrant une longue presqu'île riante) est noir.
A gauche en haut surgit l'angoissant mirador d'un bâtiment horizontal surplombant un gouffre plein d'ombre. Au fond, se prolongeant le lac (sur l'émeraude unie duquel sont plantés trois pieux) s'étale, sombre. De grands pins embrumés s'atténuent. Des neiges fondent.
Ample suintement glauque et noirâtre l'oubli s'étend, où flottent un livre ouvert retourné, un oiseau noir sur un journal, un second livre ouvert, un mouton et son arbre, une boîte, instables petits souvenirs. The river sweats / Oil and tar. Dessous à gauche, assis dans son lit un homme torse nu tient serré son enfant. Telle une réminiscence, un visage effaré de femme émerge. Un socle peint tronqué s'enfonce. Sur le bord, un roc tourmenté (comme en fit Patinir) boursoufle, tête tuméfiée renversée.

07/02/2006

07/02/06 - 19:49

LEONARD DE VINCI


UN PEU DELIRANTE DESCRIPTION DE DEUX TABLEAUX DE LEONARD
DE VINCI, AU LOUVRE : SAINT JEAN-BAPTISTE ; BACCHUS.


C'est d'abord le charme alangui du jeune Saint qui surprend : le sourire ambigu du visage penché contrairement au torse qu'entraîne un geste vigoureux du bras droit (dont l'index dressé indique les joies du Ciel à l'amateur vulgaire, tandis que la main gauche, incomplètement cachée, montre le cœur) paraît insinuer d'ineffables délices.
Mais du fond obscur, seul le buste surgit : ventre, sexe, cuisses, genoux, pieds demeurent dans l'obscurité ou n'appartiennent pas au tableau : l'itinéraire sensible, amoureux des doigts, paumes, lèvres, joues, partout, est impossible. Et même le torse n'est pas offert, défendu par le geste vigoureux du bras : sa beauté se donne seulement à voir. Peut-être est-ce pourquoi une ironie rêveuse incurve le subtil sourire.
Il n'y a là cailloux ni rocs, ni terre où s'enracinent l'ancolie, l'humble violette, la digitale pourpre, - règne de la mère profonde (cette Vierge aux Rochers) ou de Dionysos. Hors d'un fond informe, obscur (seuil franchi), - resplendissant, ce buste dont la contorsion indiquerait le corps refusé (de même le sourire, en sa légère ironie : il vous faut, n'est-ce pas, renoncer) suggère la figure d'Apollon formulant le sublime.
Or un autre tableau de Vinci se trouve à quelques pas, intitulé Bacchus. (En fait, c'est un autre Saint Jean-Baptiste, curieusement travesti en dieu grec à l'époque de Louis XIV). Assis à l'ombre de rochers couronnés d'arbres, alors que s'ouvre à gauche un lumineux paysage de lacs, de bois, de bêtes et de plantes, de montagnes lointaines, le jeune dieu sourit. Tout son corps est représenté (bien que la jambe gauche croisée sur l'autre genou, - entraînant la torsion inverse du buste - cache le bas-ventre). Le bras gauche, détendu, maintient un bâton au long duquel repose l'index dirigé vers le sol, tandis que l'autre index, obliquement levé, désigne à droite un antre ténébreux.

04/02/2006

04/02/06 - 20:50

MOMENTA


écouté avec intérêt à la radio une conversation sur la mort, de très haute qualité.

on se régalerait bien d’un tartuffo con panna au Tre Scalini, place Navone.
On irait s’appuyer à la barre qui entoure la fontaine des Fleuves, et dans le bruissement des eaux jaillissantes, on regarderait les gens passer, nous arrêtant soudain à tel visage, admirant tel corps superbe, accrochant tel regard rieur. Ce serait l'été.

moment de désarroi : la souffrance d’un tel perçue, malgré l’allègre acuité de ses poèmes. Quelles paroles lui dire qui le touchent et lui fassent du bien ?

regardé par la fenêtre en ne pensant à rien.

dégusté la pulpe mûre d’un kiwi.

j’avais écrit : « On mesure parfois notre isolement ». Je trouve ce commentaire : « Plutôt souvent, non ? ». Malgré tout, j’avais dû en convenir et répondre : « Souvent donc. ».
Pourtant ce soir là, dans un échange comme on en a rarement, avec quelle joie naïve j’avais lu : « Eh bien mon nouvel ami … »

moment où l’on se délecte en écoutant la voix douce et vibrante du violoncelle et la somptueuse orchestration de « Tout un monde lointain ».

je me rappelais les Dentelles de Montmirail, titre d’un poème de René Char, dont les noms mêmes dessinaient déjà dans mon esprit les contours déchiquetés de hauts rochers longtemps avant que, se découpant dans le ciel bleu, je ne les aperçoive de cette petite route entre Carpentras et Bollène (c’était le 14 juillet 2004). Hier soir, je les imaginais blanches et bleutées dans la nuit.

moment mélancolique, moment de bonne humeur, fugit tempus.

fugue du temps.

03/02/2006

01/02/2006

01/02/06 - 21:41

LE PRENOM A MOITIE RETENU



Dans le rire éclatant de son visage
sa voix de stentor et son vibrato
lançant à la cantonade enfin
exactement l’entier prénom
comme s’il lançait en riant eurêka
j’ai trouvé (l’amusante réponse à une énigme ?)

- Jean-Truc ? Jean-Oui ? Jean-Non ?
- J’en suis, bien sûr !
et ils riaient

Tandis qu’un instant lèvres posées sur sa joue
sa voix baissée voix inconnue
tel un visage penché yeux baissés
dit exactement l’entier prénom

01/02/06 - 19:42

ISOLEMENT




On mesure parfois notre isolement.

 

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13