J'écoute : Elisabeth Grûmmer (Merci Hercule!)
Je regarde : souvent une photo
Je lis : "Tissé par mille" de Camille Laurens
Je joue : non
Je mange : oui, bien sûr
Je bois : de l'eau, du thé, du vin, du Martini (rouge ou blanc)
Je cite : pas
Je pense : aux uns, aux autres
Je rêve : oui
(mis à jour samedi 5 avril 2008 à 23:59)

09/12/2005

09/12/05 - 22:28

G. DE LA TOUR, LA DECOUVERTE DU CORPS DE SAINT ALEXIS



De profil se penchant au-dessus du corps vêtu austèrement, qui repose assis, le buste et la tête inclinés en arrière, - le jeune Valet a la figure éclairée en plein par le flambeau que sa main droite tient oblique, tandis que la gauche délicatement découvre, retirant un pan de bure qui le cachait, le masque impassible de l'homme, yeux clos, bouche entrouverte.
L'adolescent penché, coiffé d'une toque sombre galonnée d'or et garnie d'un plumet blanc, porte un gilet évasé violet pâle, aux bords ourlés de noir. La clarté de la flamme avive le satin vermillon des manches.
L'adolescent penché, blafard sous la vive clarté du flambeau, a le regard fixé sur la bouche entrouverte.
Le jeune Valet, penché sur l'homme ainsi gisant (dort-il? est-il mort?) - bien que ses traits ne soient émus en rien, lèvres serrées, reste interdit.

commentaires

11/12/05 - 11:50

Il semble non pas regarder sa bouche mais regarder si il respire encore. Le clair obscur vient de la vie de ce sant qui a vécu et est mort sous un escalier. Dans ses mains repose en un manuscrit l'histoire de sa vie. On devine les gestes du valet qui essaiera de lui arracher : il n'y parviendra pas car seul le pape pourra le faire. On devine dans le regard de l'adolescent et sur son visage l'envie de savoir ce qu'il y a sur ce bout de papier. Ce visage interdit serait il la peur de se faire prendre ?

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi.
Montaigne, Essais, III, 13