Apax

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Le 16/09/2011 à 17:26
Comme autant de frêles plumes blanches éparpillées mille toiles d’araignée lumineuses que ploient entre les brins d’herbes les étincelantes gouttelettes argentées de la rosée ont piégé la brume matinale qui se lève
Le 13/09/2011 à 19:19
Marcher dans la forêt, entre les hauts fûts ébranchés et droits des sapins, dans un silence grandiose. Pas un oiseau. Seuls parfois les chuchotements cristallins d’un ruisseau. Des rocs, le velours vert de la mousse qui les couvre. Marcher, concentré dans l’effort, au cœur de cet espace sublime. Etre rejoint par l’un, ou rejoindre l’autre, parler un peu, cependant préférer le silence de la montagne et de la forêt.
Le 11/09/2011 à 19:04
Santa Maria dei Miracoli
Ca Pesaro
Dans Cannareggio
Campo Bandiera e Moro
Le 17/01/2011 à 21:11
Le 15/10/2010 à 20:46
Cette basilique, qui se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Nancy, fut construite de 1481 à 1560, année de sa consécration. L’édifice est d’un style gothique flamboyant très homogène. Elle fut construite sur l’ordre de René II, duc de Lorraine et de Bar, après sa victoire sur Charles le Téméraire en 1577, et placée sous la protection de Saint Nicolas, patron de la Lorraine.
L’axe de la nef présente la particularité d’être dévié de 6 ° vers la droite, ce que montre le reflet du vaisseau dans le bénitier. Le transept possède deux très hautes colonnes (21,5 m), dont l’une torsadée engage le regard dans une ascension dynamique jusqu’aux nervures des voûtes en étoile.
En 1983, la basilique reçoit un legs d’une riche américaine, originaire de la ville, Camille Croué-Friedmann, qui permettra l’entière restauration de l’édifice durant 15 ans. Lorsque le soleil dispense sa clarté par les hautes baies vitrées (comme c’était le cas hier), l’espace baigne dans une lumière vive qu’exalte la pierre blanche.
Le 14/10/2010 à 23:55
Le titre semble évoquer la réalisation idéale de tout désir, - et c’est ce que pourrait montrer peu ou prou le développement de l’intrigue. Si l’on réfléchit davantage à cette promesse, on s’aperçoit qu’elle se vérifie toujours à plus ou moins long terme : le bel et sombre inconnu (en relativisant ce que les deux adjectifs ont de subjectif et de vague) c’est la mort, - le néant. C’est une voix off facétieuse qui nous mène habilement et non sans une légère ironie, de situation en situation : Hélèna, la mère, sexagénaire, consulte une voyante, prénommée Cristal, (la clairvoyance même : elle voit surtout qu’Héléna est une cliente rêvée). Aigre larmoyante et déprimée depuis que son mari l’a abandonnée, rejetant les psys qui ne compatissent pas à sa détresse, Héléna trouve auprès de Cristal une raison d’espérer. Sa fille Sally qu’elle harcèle avec tout ce que prédit Cristal, subit de plus la nervosité de Roy, son mari, écrivain qui attend la réponse de son éditeur concernant son dernier roman, et regarde par la fenêtre en face une jolie fille à sa guitare. Sally, débordée, s’éprend de son patron galeriste, avec qui elle s’entend si bien qu’elle croit inutile de lui avouer, voire de lui montrer ses sentiments. Cela est joliment traité, avec beaucoup de délicatesse. Mais le ténébreux Greg n’entend pas ce qui n’est pas dit expressément. Le mari d’Hélèna, Alfie, refusant de vieillir, s’entiche d’une super blonde payante, gentiment bêtasse, qui lui coûtera de plus en plus cher, et quelques coups et blessures. Quant à Roy, qui part habiter chez la voisine à la guitare, il va trouver le succès par une petite arnaque, aux conséquences inattendues mais potentiellement drôles. Finalement, c’est Héléna qui rencontrera le bel et sombre inconnu. Final fou et dérisoire. La voix off nous avait prévenus, citant Shakespeare : « C’est un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. » C’est ce que dit aussi en peinture toute vanité. Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu, est une excellente comédie. Mais on n’y rit point, on ne sourit pas. Pourtant le film est une réussite incontestable : l’intrigue est parfaitement menée, les rebondissements sont cocasses, on passe d’un personnage à l’autre avec subtilité. La voix off ne s’appesantit jamais ni ne juge les personnages, c’est pétillant d’intelligence. J’ai beaucoup aimé cette véritable légèreté, avec laquelle Woody Allen parle des pauvres fous que nous sommes.
Le 06/10/2010 à 17:43
Un garçon qui aime les hommes, Francis, une fille qui aime les hommes, Marie, sont amis de longue date. Ils sont un peu poseurs. Il a un style, elle aime les tenues vintage. Ils tombent sous le charme de Nicolas, un beau blond tout bouclé, aussi chaleureux avec lui qu’avec elle. C’est parti : chacun se fait son film. Evidemment la relation entre Francis et Marie se gâte. C’est joliment drôle. Ils apprendront que le beau Nic s’en est allé pour l’Asie. De retour un an plus tard il est méchamment snobé dans une soirée par nos amis rabibochés. Mais qui donc est là-bas au fond, aussi divine surprise que Nic au début du film ? - Louis Garrel !!! qui sourit beaucoup à nos amis, leur lance une œillade, et c’est reparti. J’ai adoré ce film, on sourit très souvent : aux dialogues entre les amis, aux tenues de Marie qui semble sortie d’un Godard des années 60, aux coquetteries de Francis, aux monologues très enlevés d’autres garçons et filles qui n’ont rien à voir avec l’histoire sinon par leur expérience des illusions de l’amour, - le thème du film. Rien d’original, mais le traitement en est très réussi. Par exemple, quant ils s’apprêtent à retrouver le beau Nic, les ralentis font sentir que nos amis sont dans la posture, ils sont transformés en images, ils sont dans l’imaginaire amoureux, et ce léger décalage nous fait sourire. De même, dans la spontanéité des confessions face à la caméra comme dans un documentaire, on perçoit la subtilité du jeu des acteurs et l’intelligence un brin ironique de la mise en scène. Car ces jeunes gens épris (sauf l’idole qui tombe des nues) - vivent des amours qui n’ont rien de raté. Il semble qu’on les aime (monochromes rose, ocre, ou bleu des scènes d’amour très belles). Or ce qu’ils veulent, c’est la passion … Erreur fatale ! Mais ce n’est pas grave. Les acteurs sont excellents, dont Xavier Dolan lui-même - craquant ! Le film est délicieux, et l’image magnifique
Le 24/09/2010 à 19:25
Le film de Xavier Beauvois montre une communauté de sept moines cisterciens implantés dans l’Atlas algérien et vivant en symbiose avec le village près duquel ils se trouvent, - soudain menacée de mort par le terrorisme. On voit ces hommes ensemble lorsqu’ils se réunissent pour prier et chanter. On les voit aussi adonnés chacun à sa tâche, comme celle de jardiner, ou de soigner les gens du village, ou encore d’étudier les relations entre la Bible et le Coran. Toujours dans une lumière appropriée. Enfin on les voit dans les liens qu’ils ont tissés avec les gens du village, en particulier frère Luc, le médecin et frère Christian, le prieur de la communauté. La mise en scène prend le temps de présenter les personnages à travers leurs caractères différents dans des situations très concrètes : frère Luc (joué par Michaël Lonsdale) est une force tranquille, imperturbable, quoi qu’il arrive (avec lui, on peut comprendre ce qu’est un « homme de foi », comme on dit) : une scène admirable le montre soignant la plaie d’une petite fille avec tout le savoir faire de son métier et sa bonté ; dans une autre il parle de l’amour à côté d’une jeune femme qui l’a interrogé : l’homme se montre extrêmement attentif, réfléchi, chaleureux. Frère Christian (interprété par Lambert Wilson) est mû par la passion que tempère l’inquiétude de faire au mieux : les réunions qu’il anime, où se discute le départ de la communauté, d’abord sont tendues, certains s’affrontent, mais chacun, finalement respecte l’autre. Les voix expriment l’inquiétude, l’angoisse, la peur viscérale, ou bien la fermeté, la résolution. Les visages alors sont admirablement filmés, selon des cadrages serrés qui ne sont pas sans rappeler les visages d’apôtres de G. de La Tour. Tous traduisent ce qu’il y a de profondément humain chez ces individus. La scène qui montre le mieux le sentiment de compassion pour les autres, la capacité à partager l’inquiétude voire la souffrance de l’autre, c’est quand frère Luc dans la lueur chiche de sa cellule, ausculte frère Amédée, qui dénudé, révèle toute sa maigreur de vieillard. Toute l’attention du frère médecin se concentre dans l’écoute de la respiration de l’autre. La scène est touchante, l’image d’une grande beauté (le frère dénudé m’a rappelé le Job raillé par sa femme du peintre lorrain).Après ce moment de silence, frère Luc diagnostique en souriant : « Tu nous enterreras tous.» Or le spectateur (qui connaît l’issue tragique du fait divers à l’origine du film) devine que ces paroles sont prophétiques, mais ignore qu’elles se réaliseront non sans quelque malice … On voit aussi comment un peuple est divisé entre ceux qui sont sensibles à toute humanité, d’où qu’elle vienne, et ceux qui rendus étrangers à eux-mêmes par le fanatisme politique ou/ et religieux prétendent imposer leurs idées de force, n’hésitant pas à détruire et à tuer tout ce qu’il y a d’authentiquement humain. En effet, accrue par plusieurs épisodes dramatiques, l'angoisse peu à peu s'intensifie, - mais va renforcer les liens fraternels entre ces hommes, jusqu’à une scène magnifique par son inventivité, qui reprend en fait la Cène, le dernier repas du Christ avant son arrestation, sa Passion et sa crucifixion. Il me semble qu’on a rarement montré à l’écran comment la fraternité dans un groupe d’individus, peut aider chacun, selon ses propres moyens et son caractère particulier, à accomplir son destin en accord avec soi-même. Le film devait se clore avec une scène terrible : on retrouvait les têtes des moines exécutés. X. Beauvois a renoncé à la tourner. Aussi s’achève-t-il par la lente montée nocturne dans la neige d’hommes capturés allant vers le lieu de leur supplice, avant qu’ils ne disparaissent peu à peu dans le brouillard de plus en plus dense. Scène silencieuse, d’une poignante sobriété.
Le 23/09/2010 à 17:26
Millet, L'Angélus 1858 , 55 x 66 cm , Paris, Musée d’Orsay.
1
Lorsque j'étais enfant, au petit-déjeuner ma mère me servait mon café au lait dans un bol orné d'une reproduction en rond de L'Angélus . Ce fut la première œuvre d'art que j'aie contemplée. Chaque jour cette image éveillait en moi une intense rêverie : je me rappelais le mois d'été que je passais alors à la campagne chez ma grand-tante avec ma famille.
2
L'étang de L. qui s'étendait largement à une centaine de mètres de la maison, la plaine à perte de vue à l'Est, à l'Ouest les parcs et les forêts, et plus loin barrant l’horizon les Côtes de Meuse, - tout cet espace, je le contemplais, je l’arpentais, me l'appropriais par l'imagination pour les lointains, par mes errances exaltées à travers les prés et les bois, où me ravissaient au détour d'un chemin la découverte d'un étang isolé, et parfois l'envol lourd d'un héron cendré ...
3
J’allais où je voulais, et le plaisir était grand le soir lorsque j'évoquais tel étang vu dans la forêt et que j'écoutais mes grands-parents discuter, se demandant s'il s'agissait des Ansviennes ou de l'étang d'Afrique (ils disaient "Aafrique"). Je prenais le calendrier des Postes, je regardais la carte du département, reconnaissant tout au plus la route la plus proche des forêts traversées, mais les taches bleues minuscules figurant les étangs n'étaient pas dénommées, ce qui me frustrait …
4
Plusieurs fois j’allai par les bois jusqu'au pied des Côtes à Hattonville, où demeurait mon autre grand-tante. Le retour en fin d'après-midi lorsque la lumière est plus douce, et baissant, éclaire plus loin dans la pénombre les feuillages du sous-bois, m'emplissait d'une joie profonde.
5
On arrivait par le car, qui nous laissait au bord de la route à plus d’un kilomètre du village. Mon grand-oncle ou mon grand-père venait nous accueillir, accompagné d'une carriole à quatre roues cerclées de fer (dans laquelle d’ordinaire ils transportaient l'herbe fauchée pour les lapins). Mon père y mettait les valises et nous partions à pied jusqu'à la maison, suivant la route entre les champs et les parcs où des vaches nous regardaient passer dans le bruit assourdissant de la carriole.
6
Le rythme des jours était marqué par le passage du facteur et du boulanger en fin de matinée, par l’angélus à midi que sonnait mon grand-père avant qu’il vienne déjeuner chez ma grand-tante, et dans l’après-midi certains jours de la semaine par le passage en camionnette de l’épicier, et du boucher plus fréquemment. Vers six heures, tel paysan allant traire ses vaches passait devant la maison et souvent bavardait un moment avec mon père. Parfois il lui rappelait quelque épisode de leur adolescence, dont mon père s’émerveillait avec des exclamations joyeuses comme si ce fût quelque chose d’incroyable. A sept heures, sonnait l’angélus du soir. Après le dîner quand il faisait beau, on s'asseyait dehors sur un banc, tel jour écoutant une émission que le poste de radio diffusait depuis la cuisine, - ou bien devisant jusqu'à la nuit tombée, et même au-delà. Pendant la moisson, on entendait dans la pénombre cahoter lourdement, sourds craquements des roues par les chemins de terre, les chariots qui rentraient des champs, brinquebalant leurs énormes chargements de gerbes.
7
Les vacances finies, le retour était douloureux. Durant plusieurs jours le soir je pleurais, ainsi que ma mère et ma sœur… C’était l’heure où là-bas mon grand-père devait sonner l’angélus. Je demandais à ma mère mon bol, en regardais la petite image, croyais y discerner à l'horizon le clocher de H. La silhouette de paysanne, tête penchée et mains jointes, c’était ma grand-tante, et l’homme qui a ôté son chapeau mon grand-oncle. Ils se tenaient arrêtés, recueillis, silencieux, - tandis qu’au loin tintait mélancoliquement l’angélus.
Le 06/09/2010 à 20:57
En même temps que la langue et le palais savourent l’onctuosité du mascarpone que parfument les jaunes d’œufs sucrés et le rhum ambré, - vous mordez dans le moelleux du biscuit imbibé de café, à l’arome duquel s’ajoute le goût fruité du cognac. Mêlée au biscuit, cette crème délicieuse fond dans la bouche, - allégée par les blancs battus en neige, et finement corsée de cacao qu’on a saupoudré sur chacune de ses deux couches. Dans une bouchée, succulent déploiement de saveurs pour la langue et le palais.
Le 30/08/2010 à 16:29
Comme on sait, un éléphant, ça trompe énormément ...
Le 09/06/2010 à 18:27
Depuis l’extrémité nord-nord-ouest de la deuxième galerie, vue sur la gare.
A droite L’homme qui marche de Rodin (plâtre)
Depuis l’extrémité nord de la troisième galerie, vue sur la cathédrale, et, à gauche l’église saint-Martin, et plus loin, Belle-Isle.
Idem
Xavier Veilhan, Jordan, (ébène, 25 x 8 x 6 cm, commande du Centre Pompidou-Metz) devant une œuvre de Ronan & Erwan Bouroullec, Lampe Collection Wajima, 2009.
Le 16/05/2010 à 19:44
D’abord un mot du bâtiment de Shigeru Ban et Jean de Gastines : il est tout à fait remarquable, par la liberté et l’élégance de ses formes, par l’intelligence de sa conception : traversant de part en part l’espace du bâtiment, trois longues galeries parallélépipédiques superposées mais orientées différemment (dont les extrémités cadrent des sites de la ville, comme la cathédrale ou le parc de la Seille) en constituent l’ossature. Mais ce que l’on retient surtout, c’est la charpente vraiment extraordinaire, s’élevant du sol et déployant sa résille de bois où s’applique une vaste « bâche » translucide le soir. C’est une grande réussite, imaginative et sans grandiloquence. L’exposition, présentée dans une scénographie différente pour chacun des lieux d’exposition, comprend quatre axes. Le premier, dans la grande nef, s’intitule « Chefs d’œuvre dans l’histoire ». On y est accueilli par la Tristesse du roi de Matisse, hélas à l’étroit dans un espace où l’on manque de recul (ce premier parcours s’achève sur le triptyque de Miro ( Bleu I, II, III ) de 1961, qui souffre encore davantage de ce manque de recul : on ne peut vraiment saisir toute l’ampleur de l’ensemble et sa subtile évolution). Après Tristesse du roi , le visiteur peut admirer des œuvres d’une maîtrise exceptionnelle, comme le coffret en ivoire (c. 870-880) de la «Seconde école de Metz »dont les côtés et le couvercle montrent des scènes de l’enfance du Christ, - ou le Saint Thomas de Georges de La Tour (c. 1625-1630) confronté au Pied Bot de Jusepe Ribera (1642) – deux œuvres marquées différemment par le caravagisme et sa volonté de figurer des êtres d’humble condition comme des Grands. Plus loin, dans le même espace le meilleur côtoie le pire : un gigantesque lustre des Cristalleries de Saint-Louis «Ronde des lumières », dont on vante les 2, 80 m, 3.20 de large, les 360 kg , et les 1480 pièces de cristal. C’est d’une totale laideur, d’une fadeur qui n’a d’égal que le bling bling de son esthétique. Mais plus loin, deux œuvres splendides : La Main aux algues et aux coquillages (1904) de Gallé, pièce exécutée l’année de sa mort et le Gantelet de Patrick Neu, entièrement fait avec des ailes d’abeilles, dont l’étonnante poésie, et le raffinement étrange (qui joue sur l’idée de fragilité) rappellent d’autres œuvres du même artiste. (à suivre))